Sans préjuger de l’issue du second tour, le mouvement issu de ce collectif laisse augurer un travail de réforme que la candidate socialiste a déjà réussi à entamer et qui sera bénéfique. Certains entrevoient une guerre civile au sein du PS; certains la souhaitent. Il n'y a de fatalité ni dans la défaite, ni dans la guerre des factions.

Ne mésestimons pas la capacité du parti socialiste à se régénérer et a accepter les changements de l’intérieur. Ségolène Royal a apporté un souffle nouveau et une autre façon de débattre qui, nous l’espérons, n’est que le début d’une nouvelle période au sein du parti socialiste. Ce dernier a besoin de retrouver la confiance qui était la sienne dans le passé et cette élection a marqué le début d’une rénovation réelle. Non, les éléphants du parti ne seront pas balayés par ce vent de renouveau mais nous espérons que cette élection va les inciter à débattre de l’identité, de la stratégie, des valeurs du parti – une identité qui repose sur des valeurs de cohésion et de partage, à l’opposé d’un monde où l’individualisme est de plus en plus prégnant, mais qui doit également intégrer les réalités économiques, sociales du monde moderne.

Nous souhaitons qu'il soit mis fin au face à face mortifère entre première et deuxième gauche, entre la résignation et l'incantation, entre la gestion et la révolution. Nous souhaitons que les pistes de synthèse idéologiques ouvertes par Ségolène Royal, par le langage nouveau qu'elle a su utiliser, soient suivies, approfondies et portées au pouvoir. Il ne s'agit ni ségomania comme on peut lire chez certains détracteurs, mais de nécessité historique pour le parti d'Epinay.

Que notre parti ne soit plus borgne, qu’il utilise ses deux yeux en évitant de regarder trop en arrière, ni d’un seul côté! La frange la plus à gauche du parti doit être écoutée et les valeurs qu’elle représente méritent d’être intégrées, mais une prochaine synthèse devra remplir deux conditions : être profondément réaliste, briser les tabous sur le marché, la sécurité, les rentes, mais également renouer avec cette capacité d’indignation face à l’injustice et de cette combativité dont la candidate a fait preuve. Sans parti pris mais également sans œillères, en engageant un débat en son sein et avec ses partenaires. La gestion de la dette, la place des services publics, le nouveau rôle de l’état, la place centrale de l’environnement dans une identité socialiste renouvelée, etc.

L’audace et le courage sont revenus pendant cette campagne. Le courage d’aborder des sujets difficile pour nous socialistes, l’audace de s’affranchir des privilèges en forçant la redistribution quand les inégalités perdurent. Ségolène Royal a largement affiché ces deux qualités en s’affranchissant de certaines pesanteurs du parti et en tentant de faire la synthèse entre des courants difficiles à concilier. Cette campagne a revigoré les énergies, il est de notre devoir de ne pas laisser cette énergie se perdre : la pugnacité nous permettra d’aiguiller les choix de société au cours des jours, des semaines et des mois qui viennent.

Rassemblons nous: sur ce blog et ailleurs, faisons le bilan de cette campagne, tirons un diagnostic et vite, décidons de ce qu'il faut faire.

Le 6 mai n’a été qu’une bataille. Le combat continue.