16.04.2007
Choisir des valeurs
La dernière semaine de campagne avant le premier tour a commencé. Quel est le contexte?
Nicolas Sarkozy indique que les voix d'extrême droit l'intéressent. Il aurait difficilement pu le cacher. Un campagne ne permets néanmoins pas de tout dire sous prétexte qu'il y a des voix à aller "pêcher". Tous ceux qui croient à l'école, à la construction de la liberté, au parcours de chacun dans une société libre et respectueuse de la dignité humaine se souviendront des propos de N Sarkozy sur les pédophiles et les suicidaires...
François Bayrou reste dans la pantomime du candidat anti-système... La déception risque d'être lourde pour ses électeurs. Il a reçu le soutien de Michel Rocard qui n'a, c'est triste, jamais digéré ses échecs au PS, parti que, au final, il déteste. La candidature de François Bayrou est la candidature qui permettrait d'éviter le débat entre valeurs de gauche et valeurs de droite, débat dont la France a besoin: le candidat de l'UDF est le candidat de l'autruche. Ses pseudos appels gaulliens cachent mal cette volonté de remettre le débat à plus tard, cette volonté de ne pas trancher.
Reste Ségolène Royal, candidate socialiste qui défend un certain nombre de valeurs que chacun a entendues.
Un peu lassés par un campagne souvent dévoyée, nous nous contentons de souligner que l'enjeu est simple désormais: quelles valeurs inspireront les grandes réformes qui doivent être mises en oeuvre? Celles de la gauche ou celles de la droite? Il y a un choix à faire.
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27.02.2007
En réponse à Spartacus: la tribune d'Hannibal publiée dans Libération

http://www.liberation.fr/rebonds/237540.FR.php
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18.11.2006
La victoire de Ségolène Royal
La victoire de Ségolène Royal est historique pour la gauche et le parti socialiste.
Avec près de 61% des voix exprimées avec 80% de participation, elle a rassemblé bien au delà des structures traditionnelles du parti, faisant éclater plusieurs courants traditionnels, renouvellant les générations, comblant partiellement le fossé qui séparait l'appareil PS de la société, ou du moins de l'opinion. Elle réalise des scores exceptionnels dans les Landes, fief de Henri Emmanuelli, et dans le Val d'Oise, chasse gardée de Dominique Strauss-Kahn.
Son discours, partiel, parcellaire, critiqué, a ouvert des failles et brisé des tabous importants, remis en cause certains discours compassés du parti (sur la sécurité, sur la valeur travail). Certes elle a mis mal à l'aise beaucoup de camarades. Elle a beaucoup déplu. Elle a déclenché des réactions de haine qui seront, espérons le, oubliées demain. Les mutations ne se font jamais sans douleur, sans remise en cause profondes. Et c'est une mutation profondes que nous vivons sans doute. Avec la victoire de Séglène Royal, sous l'impulsion des militants et de leur vote décomplexé, le Parti socialiste remet en cause certaines de ses fausses certitudes.
Ségolène Royal a proposé un discours de valeurs plus que des solutions techniques. Elle a affirmé qu'elle "n'avait pas
réponse à tout" (ce qui constitue en soit une révolution...). Comme si elle avait compris que, depuis le début des années 2000, les Français ne voulaient plus de promesses mais que soient raffirmées certaines vaeurs, certaines valeurs. Elle veut s'afranchir d'un certain nombre d'hypocrisies pour parler franchement, jouir d'une liberté de parole qui sera maintenant une chance pour les socialistes. On a appelé ça du populisme. En effet, Ségolène Royal pose la question du peuple, des gens, de ce que ressent réellement la société, de ce qui se passe réellement dans le pays, au delà des discours traditionnels. Visiblement, elle sent, comprend mieux que d'autres ou en tous cas elle ose le dire.
Il y a ce rapport ambigu et passionnant de Ségolène Royal avec la République et ses valeurs: elle choque parce qu'elle dit tout haut ce que beaucoup pensent tout pas: la République des principes, la République incantatoire est morte. Ou plutôt, à gauche, nous restons attachés bec et ongles aux valeurs d'égalité et d'universalité de la République mais nous ne savons plus comment les transposer dans la réalité. A la différence de Jean-Pierre Chevènement, avec qui elle n'est pas loin de partager certaines idées, Ségolène Royal veut faire la République par la preuve: tester, évaluer, explorer de nouvelles méthodes. A la suite de Gambetta, elle estime sans doute qu'"il est moins important de reconnaître des gaux que d'en faire". A Frangy en Bresse, elle a aussi di vouloir faire la VIè République par la preuve. Il ne faudrait pas annoncer que la révolution démocratique est faite avant qu'elle n'ait commencé.
Aujourd'hui, il y a ceux qui croient qu'elle participe à une rénovation du parti, et ceux qui croient que, sur le fond, sa victoire est un imposture. L'ampleur de sa victoire contribue pourtant à effacer les divisions récentes- à Dijon, lors du referendum. Elle ouvre des perspectives de réflexion politiques. Beaucoup de ses partisans ont été traités d'hystériques ou de superficiels. On a dit ou bien qu'ils étaient carréristes, ou bien qu'il étaient gouvernés par les medias, que les réunions politiques autour de Royal étaient des "assemblées de traîtres". Comme si croire, être enthousiaste, chercher un renouveau, tracer de nouveaux liens avec les idées originelles de la République et du Socialisme, remettre en cause, c'était trahir. Et puis, comment 60% des socialistes pourraient-ils être des crétins, des carriéristes et des traîtres?
Non, non... la victoire de Ségolène Royal change la donne et redonne espoir. Elle ouvre des espaces pour de nouvelles synthèses, l'exploration de toutes les solutions sans oeillières. Et surtout, maintenant que la désignation du candidat s'est achevée, le temps est au rassemblement. Et ce n'est pas un vain mot: toutes les énergies, toutes les idées, toute l'inventivité des socialistes et de la gauche doivent se concentrer sur un objectif: 16 ans après François Mitterand en 1981, gagner une élection présidentielle pour changer la vie.
16:05 Publié dans Horizon 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, ségolène, parti-socialiste, montebourg, 2007, segolene-royal, gauche





