24.04.2007

Sentiments divers

Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, nous sommes pris de sentiments contradictoires.

La joie, d'abord, devant nos écrans dimanche à 20 heures, de voir Ségolène Royal qualifiée pour un second tour pour un duel avec Nicolas Sarkozy. Il nous a toujours semblé que c'était ce débat qui devait avoir lieu au second tour, non pas seulement le débat entre le parti socialiste et l'ump, mais entre deux visions de la société qui sont le mieux incarnées par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

La joie encore, de voir le taux de participation monter jusqu'à 85%. Qui aurait pu espérer ce niveau? La repolitisation du pays était palpable depuis le début de la campagne: au supermarché, chez des amis, sur le lieu de travail, dans les trabsports en commun, à la terrasse des cafés, tout le monde en parlait et surtout, tout le monde avait un avis. Ceux qui prédisaient le déclin de la République, prise en otage par ses élites et condamnée à voir sa démocratie lentement rouiller se voient contredits par les faits: quel que soit le résultat de l'élection présidentielle le 6 mai, les Français auront repris le pouvoir.

Satisfaction ensuite, de voir que la demande de renouveau et de rénovation est réelle dans le pays. Notre futur chef d'Etat aura moins de 60 ans et de nouvelles générations vont apparaître. Le renouveau du pays passe par là.

Incertitude enfin et celle-ci est double. Incertitude sur la recomposition politique qui est à l'oeuvre. Nous avons critiqué François Bayrou comme un cheval de Troie de la droite traditionnelle: ce n'est pas aujourd'hui que nous allons dire que François Bayrou est un homme de gauche... Nous pensons que les différences sont réelles et la question qui se pose avec François Bayrou reste une question de confiance sur les proposition plus "à gauche" qu'il a formulées. 

Simplement, maintenant que l'heure du choix est là, que faut-il penser? Il est indiscutable qu'il existe des convergences entre les projets de l'UDF et celui du PS: petites retraites, Etat impartial, VIè République, importance du soutien à accorder aux TPE-PME- coeur de la croissance-, critique de la concentration du pouvoir médiatique, nécessité de relancer le chantier européen d'une façon ou d'une autre, mais surtout en associant les Français par voie de réferendum. Convergence de sensibilité sur la protection des libertés publiques. Il y a peut-être un pari pascalien à faire.

Ces convergences ne veulent pas dire que le PS et l'UDF doivent s'allier. Les centristes restent centristes et les socialistes restent socialistes. Dans ces thèmes de convergence, il faut déplorer l'absence de la question sociale, centrale pour tout socialiste: la question des nouvelles protections, du pouvoir d'achat et de la valeur du travail. Ces thèmes restent au coeur de la campagne de Ségolène Royal.

Incertitude enfin sur l'issue du scrutin: ces convergences de constat et de volonté politique de deux blocs, centriste et socialiste, suffiront-elles à vaincre l'homme qui a réuni sur son nom 11 millions d'électeurs? L'enjeu est tout de même le changement dans une certaine harmonie sociale, le changement pour plus de justice.

Au final, après la joie et la satisfaction, l'incertitude se mue en inquiétude.

30.03.2007

Colloque de la C6R sur les institutions

Colloque le samedi 31 mars 2007, de 15h à 18h à l’Institut d’études politiques de Paris

27, rue Saint-Guillaume, Paris 7e – métro : rue du Bac, Saint-Germain des Prés

Près de 30% des électeurs s’étaient abstenus le 21 avril 2002 pour le résultat que l’on sait. Ils étaient moins de 20% à l’avoir fait lors du premier tour de l’élection de 1988. Contre l’avis de la quasi-totalité de leurs représentants au Parlement, 55% des Français ayant voté lors du référendum du 29 mai 2005 ont rejeté l’approbation du projet de traité constitutionnel européen. Dans le même temps, des formations qui obtiennent 15% des voix ne sont pas représentées dans un Parlement où la sociologie des élus est en décalage profond avec celle du pays.

A l’évidence, la crise de la représentation politique est profonde. Lorsque les institutions d’une démocratie sont bloquées, le recours à la rue ou le vote contestataire deviennent les seuls moyens d’expression efficaces pour les citoyens. La République en a fait l’expérience ces dernières années.

Les institutions de la 5e République sont en cause : Faut-il brûler la Constitution de 1958 ou chercher à l’améliorer ? Comment rendre les institutions mieux représentatives et plus participatives ? Faut-il choisir entre un régime présidentiel et un régime parlementaire ?

Quelles réponses proposent les candidats à l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai prochains à ces questions essentielles pour l’avenir de notre démocratie ?

Programme

15h00 :         accueil des participants par François Colcombet, président de la C6R

15h10  :        ouverture par Bastien François, professeur de science politique à l’Université Paris I, auteur de Misère de la 5e République (Points-Seuil, 2007) et, avec Arnaud Montebourg, de La Constitution de la 6e République (Odile Jacob, 2005)

15h30 – Table ronde

Quels projets de réforme des institutions pour répondre à la crise de la 5e République et aux attentes des Français ?

AVEC : Pierre Albertini, député-maire de Rouen, vice-président de l’UDF chargé du projet Jérôme Chartier, député (UMP) du Val d’Oise, fondateur de la Convention pour la 5e République (C5R) Alain Lipietz, député au Parlement européen (Les Verts) Arnaud Montebourg, député (PS) de Saône-et-Loire, porte-parole de Ségolène Royal ANIMEE PAR : Muriel Grémillet, journaliste à Libération

Thomas Clay, professeur de droit à l’Université de Versaille

21.03.2007

La 6è République et l'instabilité crainte par N Sarkozy...

Nicolas Sarkozy a déclaré que la VIè République serait le retour à la IVè, le retour du régime des partis et de l'instabilité chronique:

- le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne, Israël, l'Autriche (etc.) ont des institutions parlementaires, proches des instutions que la C6R et désormais Ségolène Royal appellent de leurs voeux: ces pays sont-ils victimes d'une instabilité politique particulière?

- la défaite aux élections régionales, européennes, au referendum, la mobilisation autour du CPE: aucun de ces événements politiques, faisant suite aux 82% de Jacques Chirac qui lui donnaient un mandat particulier de rassemblement républicain, aucun de ces événements n'a été suivi d'une mise en cause de la responsabilité de l'exécutif. Cette stabilité aura eu un coût: l'indifférence face à l'expression démocratique des Français;

- l'élection présidentielle rythme la vie politique sous la Vè République et, depuis le quinquennat et l'alignement des mandats de députés et de Président de la République, il n'y a plus de temps pour la réflexion ou pour le véritable débat: la Vè c'est non seulement le règne des partis mais plus encore des écuries. La Vè République, non pas celle de du général De Gaulle mais telles qu'elle est issue des dérives post-pompidoliennes, est devenu un régime infantilisant.

La Vè est devenue plus anti-démocratique que jamais: la crise des institutions mine notre délibération collective. Il est plus que temps de passer à la VIè.

17.03.2007

La chanson de campagne de François Bayrou


envoyé par Salut-les-copains

14.03.2007

François Bayrou, le nouveau Lecanuet

medium_Lecanuet.jpgCette campagne est marquée par la montée de François Bayrou dans les sondages. A son sujet, on dit beaucoup de choses. Mais en somme, comment qualifier politiquement le phénomène Bayrou? Un bref rapprochement entre cette campagne et la campagne de 1965 pourrait paraître éclairante.

Quand le centre mettait De Gaulle en ballotage...

A l'issue du premier tour, Charles de Gaulle avait obtenu 44,65% de voix, Jean Lecanuet 15,57% et François Mitterand 31,72%. Jean Lecanuet, candidat du MRP et du centre, porteur de valeurs du catholicisme social, d'un certain libéralisme, la trajectoire de celui qui a contribué à mettre le général de Gaulle en ballotage n'est pas sans rappeler celle du candidat centriste de 2007: né dans un milieu très modeste, il fait des études littéraires qui le conduisent vers l'agrégation, le premier en philosophie, le second en lettres classiques. Quand l'un a fondé le Centre démocrate et le Mouvement réformateur, le second la Nouvelle UDF.

Des convictions politiques originales que tout ancre à droite. 

Comme Jean Lecanuet, François Bayrou est un ami des majorités conservatrices. Victoire conservatrice en 1973 à laquelle Jean Lecanuet participe. Victoire de 1993 à l'issue de laquelle François Bayrou est nommé ministre de l'Education nationale... Lecanuet, président de l'UDF de 1978 à 1988, parti dont François Bayrou deviendra le président en 1998. L'UDF, que ce soit celle de Jean Lecanuet ou celle de 2007, est un parti libéral modéré toujours allié aux partis conservateurs.  

Aujourd'hui, une partie de l'électorat se pose des questions légitimes auxquelles l'histoire peut apporter des éléments de réponse:

1/ Voter Bayrou serait le meilleur moyen d'écarter Nicolas Sarkozy et ses idées du pouvoir? Non. Une fois le mirage de la campagne passé, François Bayrou devra gouverner avec l'UMP et sans doute appeler Nicolas Sarkozy au gouvernement. Retour à la case départ.

2/ Bayrou pourrait créer une grande dynamique majoritaire et remporter un majorité à l'Assemblée nationale en juin. Non. Le PS pourrait reculer, ainsi que l'UMP mais l'Assemblée sortirait de ce scurtin profondément divisé, ingouvernable, paradoxe de la Vè République que l'on a tant de fois dite intouchable...

medium_Bayrou.jpg3/ Bayrou serait un candidat progressiste sur les questions de société. Non. D'inspiration démocrate chrétienne, François Bayrou reste opposé au mariage homosexuel, mais accepte de ne pas abroger le PACS auquel lui et l'UDF s'étaient opposés, parfois avec virulence.

4/ François Bayrou défendrait sur le plan économique une politique pour les "petits", plus réalistes et plus juste. Non. Le programme économique de François Bayrou se résume, si l'on soupèse les propositions, à la création de deux emplois sans charges par entreprise (sans discernement et sans critère...), et à l'endiguement de la dette (par une stabilisation du niveau des rembouresements et le non financement des dépenses de fonctionnement à crédit), c'est-à-dire l'une des pensées les mieux partagées. Sur le plan économique, François Bayrou fait illusion. Il fait une entière confiance au libéralisme pour réduire la précatité, la faiblesse du pouvoir d'achat et les dérives du partage des revenus de la croissance.

Il serait aisé de poursuivre... Presque toujours les Français aiment déjouer les prévisions électorales, surprendre. Ils aiment les hussards, fougueux et sans doute la campagne de François Bayrou ne manque pas de panache. Mais on n'élit pas le panache mais une vision, un projet. Et quel que soit l'angle sous lequel on le regarde, François bayrou, son programme, son projet, ses inspirations renvoient au camp du libéralisme économique et du conservatisme social.

 

 

 

 

10.03.2007

Très brève de campagne...

Lu sur le site de Libé, la réaction assez émouvante d'un lecteur à l'article Du côté de Chirac, on ne voit toujours rien venir:

"SVP Mr CHirac

SVP Mr Chirac, finissez votre règne en beauté, n'apportez pas votre soutien à Sarko. Au moins je regretterai moins d'avoir voté pour vous en 2002".

signé dédé. 10 mars, 17h25.

C'est assez émouvant.

02.03.2007

Thomas Piketty soutient Ségolène Royal

L'économiste Thomas Piketty, auteur de travaux sur la fortune, le patrimoine, les hauts revenus et les inégalités (Les hauts revenus en France au XXe siècle, 2001, L'économie des inégalités, La Découverte, 2004), a rendu public son soutien à Ségolène Royal. 
Ses articles en ligne:
Du bon usage de la concurrence scolaire, Libération (25 septembre 2006)
En finir avec l'impôt sur les successions ?, Libération (28 août 2006),
Impôt affecté, terrain miné, Libération (26 juin 2006)
Le PS planche sur le fiscal, Libération (29 mai 2006)
Réfléchir à un nouveau CDI, Libération (27 mars 2006)
Successions, la liberté en taxant, Libération (27 février 2006)
Faut-il taxer la valeur ajoutée?, Libération (30 janvier 2006)
ZEP: la discrimination positive à la française, Libération (05 décembre 2005)
Un congrès du PS qui élude les questions qui fâchent, Libération (07 novembre 2005)
Blocages allemands, Libération (10 octobre 2005)
Réforme de l'impôt: chiche, Libération (12 septembre 2005)
Sortir du piège blairiste, Libération (27 juin 2005)
Des Portos aux Polaks, Libération (29 mai 2005)
Bolkestein, pas Frankenstein, Libération (02 mai 2005)
Vers une fiscalité internationale ?, Libération (04 avril 2005)
Le prix d'un enfant, Libération (07 mars 2005)
Quotas, la mauvaise pioche, Libération (07 février 2005)
Un mauvais choix pour la recherche, Libération (10 janvier 2005)

27.02.2007

En réponse à Spartacus: la tribune d'Hannibal publiée dans Libération

 

Sous le nom de Spartacus, des hauts fonctionnaires socialistes appelaient la semaine dernière à voter Bayrou. Des confrères leur répondent.
Spartacus ou Brutus ?
QUOTIDIEN : mardi 27 février 2007
Par Hannibal, groupe de jeunes hauts fonctionnaires socialistes.
Spartacus a quitté la maison socialiste. Dont acte. Puisque l'heure est aux pseudonymes cocasses, nous choisirons Hannibal pour nous exprimer, parce que nous savons que c'est aussi avec des éléphants qu'on peut gagner une campagne...
Spartacus, pourquoi avez-vous rejoint François Bayrou ? Avec le rêve d'une grande coalition de tous les hommes de bonne volonté pour constituer le gouvernement «des meilleurs» ? A nos yeux, ce rêve est un mirage qui repose sur l'idée qu'il n'y a pas de conflits dans la société française, sur le constat qu'il n'y a plus le choix entre une politique de gauche et une politique de droite, sur l'idée qu'il faut faire le choix du «juste milieu» et du bon sens. Ce raisonnement, nous ne le partageons pas. Ceux qui souffrent, mal payés ou sans travail, n'ont pas les mêmes intérêts que ceux qui s'enrichissent des rentes de la France d'aujourd'hui. Ceux qui détiennent du patrimoine n'ont pas les mêmes intérêts que ceux qui n'en détiennent pas. C'est la droite et la gauche.
François Bayrou serait celui qui pourrait venir à bout de la dette ? La première responsabilité de la gauche, c'est la vérité. Or vos arguments sont fallacieux ; ils amalgament notamment la dette et le besoin de financement des retraites et n'évoquent pas les enjeux de la Sécurité sociale, cruciaux pour les Français. Surtout, la droite, si longtemps soutenue par M. Bayrou, a dépensé sans compter et réduit les impôts des plus favorisés pour dégrader encore l'état de nos finances publiques sans résultat probant sur la croissance. Alors la dette... Au même moment, les Français ont entendu, pour la première fois depuis longtemps, une dirigeante socialiste parler haut et fort de la réalité de cette contrainte.
Bayrou serait le candidat des petites entreprises et des artisans ? Comment croire celui qui propose de créer deux emplois exonérés par entreprise, sans faire la différence entre Total et une PME ? Là où les quelques propositions du candidat centriste sont floues, Ségolène Royal propose un pacte : une baisse des coûts bancaires, une refonte du système fiscal et une priorité à l'investissement des entreprises.
François Bayrou serait le candidat des plus démunis ? Vous prenez pour pseudonyme le nom d'un esclave opprimé et révolté pour soutenir un homme qui fut ministre il y a bientôt quinze ans d'un des gouvernements les plus droitiers de France. Etrange posture pour des Français de gauche que de mettre un esclave au service des puissants.
François Bayrou serait l'homme qui va sauver l'école ? Camarades, nous pensons aussi que l'éducation est un enjeu prioritaire. Nous croyons à l'égalité des chances et à l'école républicaine. C'est pourquoi nous ne comprenons pas pourquoi vous soutenez celui qui a voulu réviser la loi Falloux et donner plus d'argent public aux établissements privés alors que nos écoles en manquent tant !
François Bayrou serait l'homme de l'ouverture ? Non. La Ve République est rythmée par l'élection présidentielle et bipolarise la vie politique. Aujourd'hui, le centre a le vent en poupe ? Institutionnellement, votre orientation est hasardeuse. La majorité que vous espérez sera toujours une coalition de circonstance, sans conviction d'ensemble, sans unité et sans force. Cette majorité, si elle existait, serait vouée à soutenir un gouvernement d'hésitation et de faiblesse.
Plus vraisemblablement, que va-t-il se passer ? Le centre existe-t-il ? Oui, il existe, et il finit toujours à droite. Ces rebelles élus UDF que vous rejoignez aujourd'hui finiront comme toujours auxiliaires de l'Etat RPR rebaptisé UMP. Enfin camarades, vous critiquez le candidat Sarkozy, mais votre position le sert. Car c'est lui qui in fine retirera les dividendes du carnaval centriste.
Le plus paradoxal est que vous quittiez la maison socialiste à l'heure de sa rénovation. Le Parti socialiste fait sa mue. Nous soutenons sans réserve Ségolène Royal parce que sa capacité à rétablir un lien direct avec les Français est une chance inespérée pour le Parti socialiste : débats participatifs, discussions sur les niveaux de revenus, petites retraites, petites entreprises... même la dette ! Notre candidate a de nouveau ancré le Parti socialiste à sa place naturelle : au coeur des attentes quotidiennes. La société française est en miettes. Le 21 avril 2002 a été le symptôme extrême d'une longue maladie qui exigeait un sursaut et une rénovation de la gauche. Ce sursaut, cette rénovation, Ségolène Royal les incarne.
En vous voyant Spartacus, nous nous souvenons de cette phrase de Léon Blum, lancée aux camarades tentés par le communisme au Congrès de Tours en 1920 : «Nous sommes convaincus, jusqu'au fond de nous-mêmes, que, pendant que vous irez courir l'aventure, il faut que quelqu'un reste garder la vieille maison.» Cette vieille maison, à l'heure de sa rénovation, vous reste ouverte Spartacus.
Revenez nous aider à rendre la France plus forte et plus juste.


http://www.liberation.fr/rebonds/237540.FR.php
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25.02.2007

Quand Laurent Fabius accueille Ségolène Royal...

medium_clip_image001.jpgPlus de 8000 militants et sympathisants, dont 2000 n’ont pu accéder à la salle, ont assisté au meeting qu’a tenu Ségolène Royal au Zénith de Rouen ce samedi 24 février à l’invitation de Laurent Fabius. Alors que Laurent Fabius vient d’intégrer aux côtés notamment de Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë et Martine Aubry l’« équipe du pacte présidentiel » constituée par la candidate pour la conseiller, ce meeting a été pour celui-ci l’occasion de réaffirmer fortement que toute la famille socialiste est plus que jamais rassemblée autour de Ségolène Royal pour battre la droite et conduire une politique alternative à celle menée par l’UMP depuis 2002. Laurent Fabius a rappelé que, depuis 2002, l’UDF n’a presque jamais manqué à l’appel quand il s’est agi de soutenir les gouvernements Raffarin et Villepin au Parlement, comme depuis 2004 l’UDF n’a jamais eu de cesse de s’opposer avec l’UMP à nos camarades présidents de région.

Laurent Fabius a ainsi dénoncé avec la virulence qui s’impose le « confusionnisme » qu’essaie d’entretenir aujourd’hui François Bayrou dans la campagne présidentielle. L’ancien Premier ministre de François Mitterrand, qui a salué la mémoire de ce dernier et son amour de l’humanité, de l’égalité et de la liberté, a insisté sur l’importance pour la gauche de se réunir autour de la candidature socialiste afin d’offrir aux Français une alternative à Nicolas Sarkozy, qu’il a dépeint en « monsieur Supercherie ».

Devant une assistance enthousiaste, Ségolène Royal a prononcé un discours offensif contre la droite, dénonçant notamment la politique communautariste de Nicolas Sarkozy mettant en cause la laïcité républicaine. Appelant tous les socialistes à se mobiliser pour « s’emparer » du pacte présidentiel, Ségolène Royal a présenté sa candidature comme celle du « pouvoir d’achat garanti ». Ségolène Royal a aussi livré une vision ambitieuse de sa présidence pour la construction européenne en proposant notamment que, gouvernée par la gauche, la France soit à l’initiative d’une véritable politique industrielle au niveau communautaire et d’une réelle stratégie commerciale permettant de protéger le marché intérieur contre l’importation de biens à bas prix du fait de l’absence de normes sociales et environnementales dans les pays les fabriquant.

Certaine que le futur chef de l’Etat ne pourra « relever la France  » qu’en misant sur sa jeunesse, en lui redonnant confiance, notamment par la mise en place d’une allocation d’autonomie pour tous, notre candidate a convaincu de sa détermination à mener la gauche à la victoire.

Et c’est bien là ce qui importe aujourd’hui ! Ne boudons donc pas notre satisfaction de voir aujourd’hui notre candidate associer toutes les sensibilités du parti à sa campagne.

De ce point de vue, le meeting du 24 février a été une réussite.

                                                       Julien Collette

20.02.2007

Le programme fiscal de Sarkozy: êtes-vous concernés?

Nous reproduisons ici un remarquable article publié sur le site Agoravox, par Dedalus, citoyen engagé:

 

"Sarkozy promet beaucoup et à tout le monde. Et si l’on en croit les sondages - mais faut-il encore croire les sondages? - nombreux sont les Français qui semblent séduits par ses promesses. C’est un fait que le candidat UMP a l’art de laisser croire à chacun qu’il s’occupera bien de lui. Pourtant, si l’on examine quelques-unes de ses propositions fiscales, sur lesquelles il communique le plus, la réalité est tout autre. Illustration.


1- Baisser le seuil du bouclier fiscal à 50%

Il s’agit de ne pouvoir prélever en impôts (impôts sur le revenu, taxes foncières et d’habitation, ISF, CSG et RDS) plus de 50% des revenus d’un foyer fiscal. Notons d’abord que la réforme fiscale de 2005 a déjà instauré un bouclier fiscal à 60% (et qui n’incluait pas CSG et RDS) et qu’une telle mesure se situe donc dans l’exacte continuité de la politique menée ces cinq dernières années. De plus, elle ne concernerait que moins de 20 000 foyers fiscaux (sur 34 millions) parmi les plus aisés. Pour exemple, un salarié célibataire déclarant un revenu annuel de 100 000 euros devra posséder un patrimoine de près de 3 millions d’euros pour pouvoir bénéficier de la mesure. Autant dire que le bouclier fiscal, que M. Sarkozy ne craint pas de vendre comme une mesure de justice sociale, concerne pour l’essentiel une infime minorité de contribuables les plus riches. Cela coûterait 2 milliards d’euros à l’Etat, soit près de la moitié des recettes de l’ISF.

2- Déduire jusqu’à 50 000 euros du montant de l’ISF pour ceux qui investissent dans une PME

L’ISF concerne les contribuables disposant d’un patrimoine total supérieur à 750 000 euros - soit moins de 500 000 foyers fiscaux sur 34 millions. Pour atteindre le plafond de 50 000 euros déductibles de l’impôts, il est nécessaire de disposer d’un patrimoine supérieur à 6 millions d’euros. Or 95% des foyers assujettis à l’ISF sont en dessous de ce seuil, lesquels donc seraient donc de fait exonérés de l’ISF. Les 5% restants étant concernés par la mesure précédente - le bouclier fiscal -, M. Sarkozy propose de fait, bien qu’en prétendant le contraire, de supprimer purement et simplement l’ISF.

3- Baisser de 4 points les prélèvements obligatoires et "rendre 68 milliards aux français"

La mesure a été analysée dans un autre article, où l’on a montré comme il s’agit là encore d’une mesure qui concernerait pour l’essentiel les plus riches et qui mettrait à mal le principe même de la solidarité républicaine. Qui plus est, passé l’effet d’annonce de la mesure et confronté à l’impossibilité de la financer, M. Sarkozy ne parle plus aujourd’hui que de 20 à 30 milliards dans un programme de réduction d’impôts qui ne débuterait qu’après 2010 et qui s’étalerait sur une période de six à sept années... En bref, cela ne concerne pas le mandat présidentiel à venir (2007-2012) - voir Sarkozy revient sur sa promesse de baisse des impôts.

4- Déduire de l’impôt les intérêts d’emprunt pour l’acquisition d’une résidence principale

Il s’agit de favoriser l’accès à la propriété aux classes moyennes, mesure mise en place par la gauche au début des années 1990 et supprimée par Alain Juppé en 1997. Dix ans plus tard, la mesure est minimaliste et il s’agit aujourd’hui de la comparer avec la proposition de Mme Royal d’une extension des prêts à taux zéro...

5- Supprimer l’impôt sur les successions

Etrange proposition pour quelqu’un qui prétend récompenser "la France qui travaille". Mais là encore, cela ne concerne qu’une minorité de contribuables : en 2005, sur 537 000 décès, seules 140 000 déclarations de successions imposables ont été enregistrées, sachant par ailleurs que les abattements sur les droits de succession sont déjà très importants : 75 000 € pour le conjoint survivant, 50 000 € par enfant... et depuis 2005, 50 000 € de plus en abattement global. Un exemple suffira pour comprendre quelle catégorie de Français est concernée par cette mesure : au décès d’un des deux parents dans une famille comptant deux enfants, des droits de succession ne sont dus qu’au-delà de 200 000 € hérités - dit autrement, jusqu’à 200 000 € vous n’êtes pas imposable au titre de la succession. La suppression proposée par M. Sarkozy concerne les autres qui héritent de bien davantage.

Il y a de vraies mesures derrière les beaux discours du candidat Sarkozy, et des mesures qui démentent largement ce que tentent de laisser croire ses discours en trompe-l’oeil. La politique que souhaite mettre en oeuvre M. Sarkozy se situe dans la continuité de celle qui est menée en France par l’UMP depuis cinq années, et qui vise à favoriser d’abord les plus riches. Derrière cette politique, il y a l’éternel - et de plus en plus incertain - credo libéral de l’économie des retombées : Laissons la richesse à ceux qui sont riches, la main invisible se chargera de la répartir mieux. Le moins qu’on puisse constater est que la fameuse "main invisible" n’est pas des plus zélées et que si les plus riches sont servis par cette politique, les autres en restent toujours à avaler leur bulletin de vote."

 

Lien vers l'article et les autres articles de Dedalus sur Agoravox. 

 

 

 

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