13.10.2006
Génocide arménien : une loi inutile et dangereuse
21:38 Publié dans La société invisible | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, parti socialiste, Ségolène, Sarkozy, génocide arménien
01.06.2006
Les positions sécuritaires de Ségolène Royal: pour ou contre?
Ségolène Royal, par ses déclarations du 30 mai sur les violences en banlieue, a pris une position forte sur les questions sécuritaires. Elle a évoqué la "mise sous tutelle des allocations familiales" et un "encadrement à dimension militaire", elle a pris à contrepied une partie de l'establishment socialiste. En disant qu'"il faut plus de fermeté, mais une fermeté juste et bien ciblée", elle a signifié qu'elle ne serait pas la candidate de l'angélisme. En lançant qu' "il est possible de rétablir un ordre juste et une sécurité durable avec fermeté et la volonté d'arrêter la production massive de la délinquance", elle a développé son thème de l'ordre juste et elle s'est positionné en rupture avec la naiveté qui avait pu être reprochée aux socialistes.
Le rapprochement avec le Chevènement de 2002 saute aux yeux. Avec de telles positions, Ségolène Royal va se faire des ennemis mais elle renoue avec un débat déjà ancien: celui du désamour de la gauche avec les questions de sécurité. Lors des émeutes de banlieue en novembre, on avait déjà entendu Manuel Valls tenir des propos qui, sans épargner Nicolas Sarkozy, étaient responsables et fermes. Les socialistes ont changé sur les questions de sécurité. Loin d'aliéner les autres partis de gauche, de telles positions- qui n'excluent nullement un volontarisme éducatif et social- pourraient rallier tout ceux qui, à gauche, n'oublient pas que les premières victimes de la violence et de la délinquance sont les classes populaires.
Alors le tournant sécuritaire de Ségolène Royal? Pour ou contre?
12:30 Publié dans La société invisible | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : PS, parti-socialiste, segolene-royal, politique
03.05.2006
Discrimination positive ou volontarisme républicain ? le principe d’égalité à l’épreuve

3/ Le double discours sarkozyste et la stratégie conservatrice.
21:30 Publié dans La société invisible | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Suréducation de la jeunesse = chômage?
simple : toujours plus d’école = progrès et justice sociale. Ainsi en 1985, le mot d’ordre est lancé : 80% d’une classe d’âge au bac. La droite, elle aussi s’est appropriée cette idée : la « Loi Fillon » sur l’Education pose comme objectif de doter un jeune sur deux d’un diplôme de l’enseignement supérieur.
Ainsi, depuis 1985, on assiste à un gonflement des effectifs dans le secondaire et dans le supérieur. Il s’agit là d’une réelle « explosion scolaire ». L’âge médian de fin d’études passe de 19 à 22 ans entre 1987 et 1997. Le consensus semble clair autour de cet allongement de la scolarité. Pour l’Etat, cela est certes coûteux, mais cela permet d’écarter du chômage un nombre important de jeunes. Pour les entreprises, cela permet d’avoir à disposition une « armée de réserve » qualifiée, ce qui permet de faire pression sur les salaires. De plus cela rassure les entreprises pour l’avenir : ne sachant pas quelle sera l’évolution du contenu des emplois, elles savent qu’en France elles pourront bénéficier d’une main d’œuvre toujours très qualifiée, sans être impliquées dans le financement des études. Pour les jeunes et leurs familles, des diplômes de plus en plus élevés apparaissent comme une protection pour l’avenir. D’autant plus que le fort taux de chômage des jeunes rend peu important le « coût d’opportunité » des études.
Tout le monde a donc de bonnes raisons de défendre l’expansion continue de la scolarité. Tout développement de la scolarité apparaît comme bon, juste, efficace. Avec à la base de telles croyances, des raisonnements comme « Puisque les jeunes sans diplômes sont davantage touchés par le chômage, réduisons cette population et le chômage diminuera. »
Cela est-il si sûr ? La question a tendance à être taboue en France. Il faut cependant oser la poser et s’interroger sur le bien fondé du développement de la scolarisation. Et la poser en se situant à la fois à un niveau « micro » (les individus, leur expérience) et à un niveau « macro » (la société dans son ensemble).
Il est inutile de revenir sur l’inégale distribution des diplômes en fonction des origines sociales, il s’agit là d’un fait bien connu, d’une « constante » des inégalités sociales. Notons cependant à ce propos que plus d’études pour tous ne veut pas dire les mêmes études pour tous. On assiste en fait à une recomposition des inégalités, qui ne sont pas supprimées mais différées et plus qualitatives. Chacun connaît l’importance de l’investissement dans la « bonne section », et le « bon établissement ».
D’autres aspects de l’inflation scolaire sont peut-être moins connus. Nous pouvons ainsi faire plusieurs constats.
Le premier semble évident: le risque de chômage est d’autant plus faible que la scolarité a été longue. Les taux de chômage des jeunes sans diplômes sont particulièrement élevés. Mais cette relation n’est pas linéaire. Par exemple on chôme un peu plus avec un diplôme de 2ème ou 3ème cycle du Supérieur qu’avec un « bac +2 ». Ou on chôme moins avec un bac professionnel ou technologique qu’avec deux années d’enseignement supérieur non validées.
Deuxième constat : aujourd’hui, seuls les diplômés des grandes écoles ont de fortes chances d’accéder rapidement à un emploi de cadre. La probabilité de devenir cadre pour un titulaire d’une licence n’est plus que de 33%.
Troisième constat : l’évolution de la structure de l’emploi et celle des flux de diplômés sont de plus en plus discordantes. Entre 1960 et 1980, la proportion de cadres dans la population active passe de 5 à 8%, tandis que la proportion de bacheliers passe de 10% à 30%. Aujourd’hui on compte dans la population active 14% de cadres ; et 41% de personnes dotées d’au moins un baccalauréat, ce chiffre s’élevant à 69% chez les jeunes générations.
La conséquence de cela est simple : si la structure sociale se déplace moins vite vers le haut que celle des niveaux d’éducation, l’ajustement va se faire au prix d’une baisse de la valeur économique des diplômes. Surtout qu’il est peu probable que les structures de l’emploi connaissent dans les prochaines années des évolutions telles que celles des 30 glorieuses.
Ce processus est déjà largement entamé. Pour la génération née en 67, le bac offrait une chance sur deux de s’insérer comme cadre ou profession intermédiaire. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aujourd’hui seulement 1 sur 2 diplômé « bac +4 » devient cadre ou fonctionnaire catégorie A. On assiste donc à un processus de déclassement. Dans le même temps le « bonus » en terme de salaire que procure une année d’étude supplémentaire décroît régulièrement depuis 1970. On peut donc reprendre le propos de J.-C. Passeron dans un article de la Revue Française de Sociologie en 1982: « On peut voir les mêmes individus ou les mêmes groupes qui affirmaient il y a peu que la « démocratisation de la culture » serait réalisée « lorsque le jardinier pourrait lire Platon dans le texte » se voiler aujourd’hui la face en constatant qu’on risque de se retrouver jardinier avec une licence de grec »…
Nous sommes clairement aujourd’hui dans une situation où avec des diplômes supérieurs à ceux de ses parents, on n’atteint pas forcément une position sociale plus élevée qu’eux. Dès lors il s’agit de s’interroger sur les justifications d’un tel allongement des scolarités. Y a-t-il malgré tout un rendement de cet allongement de l’éducation ?
Beaucoup avancent l’existence d’« externalités positives » de l’instruction. Ce sont des arguments qui sont le plus souvent postulés mais jamais démontrés. De plus, le choix de l’allongement de la scolarité suppose des arbitrages. Cela veut notamment dire disposer de moins de ressources pour les 35% d’une classe d’âge qui ne parviennent pas au bac. Et cela a un impact sur les inégalités sociales car ceux qui continuent leurs études après le bac ne sont pas les mêmes que ceux qui arrêtent l’école à 16 ans. Il y a donc une redistribution négative où les crédits publics viennent creuser l’avantage des plus favorisés.
Il s’agit donc de poser la question des effets sur les étudiants concernés de cette « sur-éducation ». Car ce décalage entre diplômes et débouchés ne va pas sans souffrances. C’est particulièrement net dans les milieux populaires où l’on a cru pouvoir échapper à la condition ouvrière en poursuivant des études. C’est le cas des deux tiers des jeunes titulaires d’un bac professionnel qui deviennent ouvriers qualifiés. C’est le cas aussi des jeunes issus de l’immigration qui ont cru à la promotion sociale par les études et qui se retrouvent à 23-24 ans en échec dans les filières les plus dévalorisées de l’enseignement supérieur. Chez ces jeunes la prolongation de la scolarité accroît la distance avec leurs parents et contribue à dévaloriser encore plus la condition ouvrière.
On peut en effet se demander si la prolongation des études, au moins dans les filières où elle est suivie d’un fort déclassement, n’est pas plus destructrice que formatrice, si les études longues ne sont pas « désocialisantes » ou « déseducatives ». Les mots sont sans doute trop forts, mais ils doivent pourtant être prononcés pour que l’on prenne la pleine mesure de ce qui est en jeu.
C’est cette question que soulève l’étude de Stéphane Beaud (80% d’une classe d’âge au bac…et après ?) dans laquelle il suit pendant presque 10 ans quelques étudiants d’issus de l’immigration et d’un quartier HLM de l’Est de la France qui s’engagent dans des études longues à l’université, qui parviendront au mieux à obtenir une licence après 5 ou 6 années d’études et qui pour tout débouché se
verront offrir un emploi d’ouvrier non-qualifié ou d’autres emplois ne requerrant aucune qualification. Stéphane Beaud montre particulièrement bien le sentiment qu’ont ses élèves de s’être « perdus » à la fac, le regret qu’ils ont de s’être engagés dans cette voie sans avenir. Il montre bien aussi le désenchantement que vivent ces élèves en voyant leurs camarades de cité, orientés en « LEP » (Lycée d’Education Professionnelle) qui, devenus ouvriers qualifiés, touchent des salaires deux fois supérieurs aux leurs et roulent dans de belles voitures.
Ainsi une des particularités du système français est de s’attacher à ce que les jeunes poursuivent leurs études, selon une logique verticale de filière, qui est celle des niveaux de diplôme. Ce souci de prime abord louable cherche à assurer la possibilité de promotion pour tous, et s’appuie sur la conviction que ce que le système peut offrir de mieux, c’est d’y rester plus longtemps. Mais cela ne va pas sans quelques effets pervers : on dévalorise ainsi les diplômes inférieurs, qui sont la marque de l’incapacité dans laquelle on se trouve d’aller plus loin. Il existe en effet en France une véritable stigmatisation de ceux qui se « retrouvent » dans les filières les plus dévalorisées : aujourd’hui l’angoisse de tout écolier est en effet d’être dirigé vers de telles voies…
Le problème est aussi ce décalage entre des grandes-écoles et d’autres formations sélectives qui vont offrir une formation en adéquation avec les débouchés sur le marché du travail, et les autres formations non sélectives de l’université qui ne sont absolument pas professionnalisantes (une année de formation pour un étudiant en université coûte 6820 euros à l’Etat et 13170 euros pour une classe préparatoire.).
Les universités offrent aujourd’hui un enseignement qui est censé former à la recherche savante. Or on est en droit de se demander si c’est la quête d’une culture savante de haut niveau qui y conduit en si grand nombre les jeunes. Ce serait peut-être plutôt l’état de notre système scolaire qui conduit aujourd’hui les jeunes dans la rue…
La République n’est pas un assemblage d’idées toutes faites qu’il faut défendre
à tout prix, mais plutôt des idéaux qu’il faut reconstruire à chaque génération, avec réalisme, et en prenant en compte la réalité de la société.
Jules NAUDET
Biographie :
Stéphane Beaud, 80% au bac… et après ?
Marie-Duru-Bellat, L'inflation scolaire
16:40 Publié dans La société invisible | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.04.2006
La République et ses jeunes
En France, la République a fondé l'école pour tous, et on peut dire que si l'école doit donc énormément à la République, en retour la République s'est perpétuée pour beaucoup grâce à son école.
Or, que nous apprenent des statistiques récentes citées par l'Observatoire des inégalités ? Alors qu'ouvriers et employés représentent 60% des actifs, leurs enfants ne comptent que pour 22% des étudiants de 18 ans - et encore moins plus tard. A 18 ans, près de trois enfants d'ouvriers sur dix, contre 5% des enfants de cadres, ont arrêté leurs études.
Le chômage des plus jeunes actifs semblent trouver son explication principale ici : l'absence ou la faiblesse de qualification de celles et de ceux sortis trop tôt du système scolaire.
Les Pouvoirs publics ne pourront ignorer cette situation longtemps : la République se fabrique pour beaucoup à l'école, l'avenir aussi...
Julien Collette
15:05 Publié dans La société invisible | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.03.2006
Communauté ? Vous avez dit communautés ?
Il fut un temps où l’expression « communauté nationale » appartenait au vocabulaire courant de la vie politique. Aujourd’hui, la communauté se décline au pluriel : la communauté noire, arabe, juive, musulmane etc. La République a enfanté dans la douleur de la communauté française, parfois en niant les identités qui la composaient. Mais l’objectif était d’offrir à chacun un cadre de citoyenneté partagée avec les mêmes droits et les mêmes devoirs, regroupant des individus unis. L’épisode dramatique de l’assassinat d’Ilan Halimi montre à quel point il devient compliqué de parler de communauté nationale tant notre société est fractionnée.
Même si le caractère antijuif n’est pas encore totalement vérifié, l’acte odieux a suscité un vif émoi auprès de la « communauté juive » qui a appelé à un grand rassemblement antiracisme. Le problème est qu’il faille que ce soit le CRIF (conseil des institutions juives de France) qui en soit l’initiateur pour qu’il acquière sa légitimité, comme si les acteurs de la société civile se partageaient chacun une part de dolorisme animé d’un sentiment communautaire.
Pourquoi diable cette manifestation n’est-elle pas le fruit d’un collectif, d’une entente de partis et d’associations sans considération des origines ? Quand on est français, on doit se révolter devant ce type d’acte a fortiori antijuif. Les juifs ne peuvent et ne doivent pas être les seuls à dénoncer de telles monstruosités. Pas plus que les Noirs n’ont le monopole de la dénonciation de l’horreur coloniale. La présence scandaleuse de De Villiers venu clamer sa haine de l’Islam aurait dûe être vigoureusement condamnée par le CRIF car elle n’avait strictement aucun rapport avec la célébration de la mémoire d’Ilan et le rejet de l’antisémitisme. Cette tentative d’opposer deux catégories de citoyens, les juifs et les musulmans, prouve que la République est entrée dans une zone de turbulence. Le communautarisme naît des blessures de l’Histoire qui rencontrent la crise socio-économique, aidé il est vrai de quelques populistes.
Les hommes politiques doivent se demander comment on est arrivé là. Il y a donc à côté des institutions républicaines des « institutions juives de France », mais comment diable est-ce possible ? les juifs se sentent-ils tellement peu défendus par l’Etat pour avoir besoin de fonder leurs propres "institutions". Et les Noirs qui viennent de se dôter d’un mouvement semblable suite au débat
sur le rôle positif de la colonisation ? Demain ce seront sans doute les harkis qui se fédèreront pour défendre leurs intérêts. Puis les Corses, les Bretons…
Restera-t-il encore des Français ?
Michel LOUSSOUARN
Lien: http://www.republicain.net/site1/communiquer/GR_communaut...
15:45 Publié dans La société invisible | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





