27.11.2007
Sauvons le Code du Travail
En 2004, le Parlement autorisait feu le gouvernement Villepin a procédé par voie d'ordonnance à une recodification du droit du droit du Travail. Autrement dit, une délégation de compétence accordée au gouvernement lui permettait d'éviter de recourir à la loi pour modifier le Code du Travail. L'objectif affiché est, comme souvent dans une recodification, purement technique : simplification des textes, nouvel agencement des articles du Code pour une meilleure compréhension, etc... En principe, le travail de recodification s'effectue à "droit constant", c'est-à-dire que le Gouvernement n'est pas habilité à modifier la substance des textes, mais seulement à y apporter des modifications formelles qui n'en changent pas la portée. En pratique, c'est plus compliqué. Le Gouvernement Fillon chargé de poursuivre l'oeuvre de son prédécesseur s'apprête à rendre une version du Code du Travail qui, aux dires de nombreux spécialistes, bouleversera la législation en vigueur. La commission de recodification semble avoir fait fi de la jurisprudence de la Chambre Sociale de la Cour de Cassation dont l'action a permis au fil des ans d'affermir le droit social.11:12 Publié dans La crise politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, UMP, UDF, MODEM, Bayrou, Ségolène Royal, Srakozy
17.10.2007
La C6R écrit au Comité Balladur
Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les membres du Comité,
La Convention pour la 6e République défend depuis plusieurs années le projet d'avènement d'une République nouvelle en rapport avec les besoins démocratiques de notre pays.
Elle défend les principes hérités des Fondateurs de notre République de séparation et de responsabilité des pouvoirs, principes constitutionnellement proclamés, pourtant insuffisamment respectés sous les institutions de la Ve République, et dont la mise en oeuvre ne pourrait résulter que de réformes profondes et courageuses.
Ce mémorandum a pour but de convaincre le Comité de proposer des réformes sans lesquelles le régime actuel, entamé par un indiscutable discrédit, affaibli par son incapacité à réformer le pays et la société française, risquerait de dériver dangereusement vers la crise institutionnelle.
En préliminaire, nous considérons que la méthode de marche forcée avec laquelle le Comité est contraint de travailler est condamnable. On ne réforme pas les institutions au pas de charge, en s'enfermant dans le huis-clos d'un Comité, et sans écouter ni dialoguer avec la société française. L'audition polie et studieuse des partis politiques ne saurait suffire à faire de cette réforme celle de tous les français, car si les partis ont la prééminence de l'expression des opinions, ils ne sauraient en avoir le monopole.
Par ailleurs, les conditions excessivement contraintes à l'intérieur desquelles le Président de la République vous a saisi montrent que vous êtes les auteurs d'une future oeuvre de commande pour le compte du Président de la République et non d'un projet qui respecterait l'esprit de liberté et de cohérence qu'il vous revient en tout état de cause de faire prévaloir dans ce genre de consultation.
De ce point de vue, l'expérience de la Commission Vedel qui, sur un mandat ouvert du Président de la République de l'époque, François Mitterrand, avait pris le temps d'approfondir les questions posées, serait d'une grande utilité à votre Comité car aucun de ses travaux n'est aujourd'hui caduc, tant ils ont été placés dans une perspective de long terme qui leur donnent un caractère intemporel.
En effet, les institutions ne se pensent pas, ne se transforment pas sous l'effet des besoins de pouvoir personnel des princes éphémères qui se succèdent à la tête de l'Etat. Rien ne serait plus néfaste que des institutions taillées et retaillées sur mesure, selon les circonstances politiques, ou selon le caractère personnel de tel ou tel locataire des plus hautes fonctions de l'Etat.
Il y a là des visées médiocres étrangères à la forme d'éternité à laquelle se rattache toute institution politique, et pourquoi ne pas le dire, une forme de folie des grandeurs dont nous serions avisés d'en protéger la France et les Français.
Il est inacceptable pour tout démocrate de se voir imposer l'obligation d'adapter les pouvoirs présidentiels au comportement personnel d'un Président au pouvoir. C'est au contraire le comportement personnel du Président qui doit s'adapter aux règles constitutionnelles fixées par le pacte suprême noué il y a cinquante ans entre tous les Français.
Aucun Président de la République ne peut disposer du mandat de s'affranchir du respect absolu qu'il doit à la Constitution. Et la violation actuelle, caractérisée et répétitive de l'article 20 par le Président de la République, humiliant le Premier ministre, le réduisant au rang de collaborateur, constitue une glissade dangereuse vers l'abus de pouvoir.
Il suffirait donc que tout corps constitué viole à son tour la Constitution pour prétendre ensuite qu'il conviendrait, au nom de l'adaptation du droit au fait, de valider une pratique illégale et anticonstitutionnelle dont l'utilité générale n'a pas même été discutée, ni ratifiée dans ses causes et conséquences par le peuple Français.
Quelles seront alors les futures violations de la Constitution que le Président de la République actuel commettra et qu'il faudra valider ensuite au nom de l'adaptation du droit au fait après celles nombreuses qu'il inflige dans les temps présents à la France ?
Votre Comité, composé ad hoc pour les besoins d'une manipulation personnelle, doit se dresser intellectuellement et juridiquement, au nom de l'histoire, au nom de ce qu'enseigne l'expérience de ce genre de dérive, contre ce qui nous conduit tout droit au chaos institutionnel et à l'excès de pouvoir comme système de gouvernance.
Vous aurez donc à coeur, pour proposer des voies de réforme, non pas d'argumenter en fonction de ce que l'on vous commande, mais en fonction de ce que l'intérêt général commande au pays.
Et vous devrez surtout après avoir proposé de modifier la Constitution, vous poser la seule question qui vaille pour l'avenir, en ces temps. Qui fera respecter la Constitution ? Qui sera l'arbitre permanent du respect des règles que vous aurez voulu imaginer ?
Car dans la dérive vers le pouvoir personnel et unilatéral qui s'installe ouvertement, vous avez observé que le Président de la République, procédant par captation progressive des pouvoirs institués au détriment d'autres institutions, est devenu tout à la fois Président de la République, Premier ministre, ministre, procureur général, parfois préfet, sans que les violations caractérisées de la Constitution ne puissent faire l'objet de la moindre remontrance.
Et ce pour une raison simple, il n'existe pas d'institution chargée, comme en toute démocratie digne de ce nom, de faire respecter la séparation des pouvoirs et de sanctionner les excès de pouvoir ; le seul existant est le Conseil Constitutionnel qui n'a compétence que pour empêcher les excès du Parlement, le pouvoir exécutif échappant à toute forme de contrôle, le Conseil d'Etat se considérant subordonné au pouvoir exécutif et refusant de lui-même tout contrôle digne de ce nom.
D'ailleurs, le garant du bon respect de la Constitution dans nos institutions actuelles étant le Président de la République lui-même, on voit mal comment ce dernier pourrait sanctionner lui-même ses propres agissements.
Nul n'oubliera pas la phrase d'Alain « Le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend absolument fou ».
Avant donc de valider les actuels débordements et l'extension de pouvoir personnel du Président de la République, les conventionnels vous prient dans la forme la plus solennelle et publique de bien vouloir prendre en considération les contrepropositions constructives suivantes qui permettront d'éviter les déséquilibres dangereux qui s'annoncent.
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1 – La limitation du présidentialisme et de ses excès
C’est le mal le plus flagrant dont souffre la Ve République. Un Président irresponsable s’est arrogé de pouvoirs bien au-delà de la lettre de la Constitution de 1958. Le gouvernement est ainsi entravé dans la « détermination et la conduite de la politique de la nation » (art. 20). Il en résulte un grave déséquilibre entre les pouvoirs dont la majorité parlementaire est la principale victime. La conséquence de cette situation est l’irresponsabilité généralisée du pouvoir exécutif. Il convient d’introduire dans le texte actuel des dispositions significatives de réduction des abus les plus criants du présidentialisme, en diminuant les pouvoirs du Président de la République et en renforçant autant ceux du Premier ministre que ceux du Parlement.
1-1. Le « domaine réservé » en matière diplomatique et militaire du Président doit passer sous contrôle parlementaire.
L’article 35 relatif à la déclaration de guerre doit être révisé pour permettre une consultation significative du Parlement en matière de défense : il sera informé de la signature d’accords de coopération militaire ; il sera consulté préalablement à l’engagement des forces armées dans le cadre des conventions existantes ; il émettra un vote d’autorisation pour des actions envisagées sans l’accord du conseil de sécurité de l’ONU.
S'agissant du contrôle diplomatique, il sera nécessaire que dans certains domaines, comme la construction européenne, le gouvernement puisse sur simple information ou sur initiative du Parlement, faire l'objet d'un encadrement de son action diplomatique dans les limites fixées par un mandat comme tel est le cas dans certaines démocraties européennes (Danemark, Allemagne). Les chambres pourront donc voter des résolutions sur des questions internationales. Cela s’ajoutera au nécessaire contrôle parlementaire des services de renseignement.
1-2. Les pouvoirs de nomination du Président doivent être réorganisés
Concernant les Autorités Administratives Indépendantes, il nommera leurs présidents, mais les membres seront élus à une majorité qualifiée par l’Assemblée nationale à la majorité des 3/5e. Concernant les nominations aux emplois du secteur public, les commissions parlementaires auditionneront les personnes pressenties et disposeront d'un droit de veto. En tout état de cause, la capacité et la dignité des personnes devront faire l'objet d'un contrôle soit politique, soit juridictionnel minimal, afin d'éviter les effet désastreux du népotisme. D’évidence, une réforme d’ensemble des divers textes en vigueur (art.13 de la Constitution, ordonnance du 28 novembre 1958 et décret du 6 août 1985) devra être accomplie.
1-3. La responsabilité politique devra être clairement instituée
Aucun pouvoir exécutif ne peut, dans une République démocratique, exercer ses prérogatives sans répondre de façon permanente de ses actes devant les autres pouvoirs.
Sous la Ve République, le Président de la République est dans une position institutionnelle d'irresponsabilité, car disposant des pouvoirs d'arbitrage et de la légitimité de son élection. Le Premier ministre, qui selon l'article 20 de notre Constitution « conduit et dirige la politique de la Nation », est responsable devant l'Assemblée nationale qui peut le censurer et le renverser à tout moment.
Transférer au Président de la République davantage de pouvoirs de gouvernement est une grave faute contre les principes de responsabilité et de séparation des pouvoirs, car toute prérogative nouvelle de gouvernement offerte au Président de la République ne pourrait faire l'objet du moindre contrôle parlementaire, puisque le président ne peut être ni renversé ni censuré par l'Assemblée nationale.
Il est donc inconcevable et intolérable de modifier l'article 20 de notre Constitution, à moins de vouloir instituer à nouveau le « Principat », régime imaginé par Auguste en l'an 31 avant Jésus-Christ, sous la Rome antique, pour établir la dictature personnelle sous l'apparence républicaine.
Car cet article 20, dans sa forme actuelle, est la garantie que le pouvoir puisse être à tout moment arrêté par un autre pouvoir, et sans lequelle nous dirions une forme d'adieu, dans notre pays, à la démocratie délibérative : en effet, si le Président accroît ses pouvoirs, se place hors d'atteinte du Parlement en réduisant à un figurant le Premier ministre, tout en conservant le droit de dissolution, et les outils de contrôle du parlementarisme rationalisé (49-3, vote bloqué), c'est-à-dire le moyen de tenir en laisse le Parlement et les parlementaires, élus de la Nation, nous ne pourrons plus éviter la malheureuse conclusion que les portes du pouvoir personnel absolu seraient dès lors ouvertes, précipitant le pays dans la crise et le chaos.
Votre haute conscience vous interdira de le proposer, la nôtre nous interdira de la voter.
La France réussit l’exploit de se doter d’un chef d’Etat qui cumule à la fois les pouvoirs du Président américain et du Premier ministre britannique, sans la responsabilité corrélative devant le groupe parlementaire et le parti majoritaire. Il détient et conserve de manière totalement discrétionnaire le droit de dissolution comme si nous étions encore sous la Monarchie de Juillet. Or l’effectivité du pouvoir du Président français dépend toujours de l’existence d’une majorité parlementaire, ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis. La logique voudrait donc que le droit de dissolution, qui est l'outil d'équilibrage des excès du Parlement, passe entre les mains du Premier ministre : c’est lui qui reste la seule incarnation possible d’une mise en jeu démocratique de la responsabilité politique de l’exécutif. Son investiture par l’Assemblée doit devenir obligatoire.
A défaut de suivre cette logique de rééquilibrage, il faut supprimer le droit de dissolution purement et simplement ; faute de quoi nous aurons un régime de centralisation absolue du pouvoir dans la personne d’un seul homme. L’article 16 (pouvoirs exceptionnels donnés au Président en cas de crise) doit être purement et simplement supprimé. Dans le même ordre idée, il conviendrait d’encadrer le droit au référendum législatif (celui de l’article 11) pour que le Président ne le transforme pas en plébiscite.
Enfin, il faut en profiter pour supprimer l’article 5 qui fait du Président l’autorité qui « veille au respect de la Constitution » et « assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics », fonctions qui furent invoquées tant par François Mitterrand que par Jacques Chirac pour ne pas démissionner malgré le désaveu des électeurs aux législatives de 1986 et de 1997. C’est devenu la source de la plus grande irresponsabilité politique de la Présidence.
Le Conseil constitutionnel doit se voir transférer cette charge de l'arbitrage et devenir ainsi une véritable Cour Suprême, en mesure d'être saisie par tous les pouvoirs ainsi que les citoyens, à l'encontre de tous les actes de tous les pouvoirs, y compris de l'exécutif qui pourra être ainsi censuré en cas de violation de la Constitution.
Dans cette perspective, le mandat du Président devra être limité à deux quinquennats.
2 - La modernisation du parlementarisme
L’histoire du dernier demi-siècle aura permis que la vieille tradition du régime d’assemblée que la France connaissait cède la place au parlementarisme majoritaire, gage de l’efficacité du gouvernement d’une démocratie. Mais les contraintes établies en 1958 pour discipliner les assemblées sont devenues excessives au point que la vie parlementaire est en France une des plus atrophiées au monde. Il importe de la moderniser sans délai.
2-1. Le contrôle du gouvernement par le Parlement sera restauré
Un contrat de législature présidera à la formation du gouvernement lequel demandera obligatoirement l’investiture de l’Assemblée nationale. Il s’engagera sur un programme pluriannuel de réformes incluant son calendrier comme les modes de concertation, débats publics et négociations avec les partenaires sociaux. Le système des questions d’actualité sera revu dans le sens d’une interpellation des politiques ministérielles dans leur ensemble. Le contrôle financier sera renforcé avec le concours de la Cour des Comptes. Tous les services de renseignement de la police ou de la Défense seront sous le contrôle d’une délégation parlementaire spécifique. Les Autorités Administratives Indépendantes dont le nombre va croissant (39 à ce jour) devront remettre un rapport annuel au Parlement et pourront être auditionnées sur la base de celui-ci par la commission compétente. Les engagements du gouvernement dans les instances de l’Union Européenne feront l’objet d’une consultation obligatoire préalable du Parlement. Celui-ci recevra communication des textes les plus importants et pourra émettre un vote sur un mandat d’orientation avant la tenue d’un Conseil des ministres de l’UE. La création d’une délégation parlementaire à la mondialisation permettra d’associer le Parlement aux négociations commerciales internationales sous l’égide du FMI ou de la Banque mondiale. Enfin et pour parfaire le caractère pleinement démocratique de ce contrôle, un statut sera donné à l’opposition qui pourra présider un certain nombre de commissions.
2-2. Le travail législatif du Parlement sera réorganisé pour qu’il soit plus efficace
Le nombre de commissions sera doublé et certaines lois pourront être adoptées directement par elles moyennant une publicité assurée à leurs délibérations. L’article 49 alinéa 3 ne pourra plus être invoqué que pour l’adoption du budget et des lois de financement de la sécurité sociale. Le vote bloqué sera supprimé. Le recours à l’urgence sera limité à dix fois par législature. Les ordonnances seront interdites si elles touchent aux libertés publiques et leur usage sera strictement encadré dans tous les autres domaines. En cas de carence du gouvernement dans l’application de la loi, le Parlement pourra se substituer à lui. La formule des délégations parlementaires ouvertes à des citoyens tirés au sort sur une liste nationale sera employée pour le suivi et l’évaluation de l’application des lois et de leurs résultats. Enfin le lobbying sera codifié et encadré.
2-3. Le non-cumul des mandats permettra aux parlementaires d’exercer leur fonction à plein temps
Il s’appliquera de manière élargie : aux maires, maires d’arrondissement de Paris, Lyon, Marseille, adjoints au maire, vice-présidents de conseils généraux et régionaux, présidents de commission permanente de ces assemblées, présidents des agglomérations et autres structures intercommunales. L’interdiction concernera tous les parlementaires, députés comme sénateurs. La limitation des mandats vaudra aussi dans le temps pour trois mandats consécutifs.
2-4. L’introduction d’une dose de proportionnelle dans les élections législatives
Elle permettra une représentation des courants minoritaires au sein du Parlement sans qu’ils aient besoin d’accords de coulisses avec les grands partis. 80 députés seront élus sur des listes régionales, interrégionales ou nationales. Ceci appellera un redécoupage de certaines circonscriptions selon des règles transparentes et objectives appliquées par une commission pluraliste.
2-5. Le Sénat
Il sera rendu plus représentatif des territoires et des opinions ; tous les sénateurs seront élus à la proportionnelle dans le cadre régional pour une durée de six ans au scrutin indirect à partir des grands électeurs issus des élections locales regroupées à date identique. La traduction nationale dans la composition du Sénat des évolutions politiques contenues dans les scrutins locaux est ainsi assurée dans une sorte d'élection à mi-mandat à date fixe. Il perdra son droit de veto dans la procédure de révision constitutionnelle de l’article 89 qui bloquait jusqu’ici la moindre tentative de réforme du régime. Dans le même sens, il perdra son pouvoir d’obstruction dans la navette avec l’Assemblée Nationale.
3 – L’extension du champ de la démocratie.
La démocratie représentative doit être modernisée par deux biais : l’introduction de procédures incluant dans son périmètre des pratiques ou des secteurs nouveaux ; l’organisation de formes de démocratie participative. Mais la Constitution doit aussi fixer des principes dans des domaines essentiels pour la démocratie, tels les médias et la justice.
3-1. Le droit de vote et d’éligibilité doit être donné aux étrangers non-européens justifiant de 5 à 10 ans de résidence en France. Les votes blancs seront considérés et comptés comme suffrages exprimés.
3-2. Le Conseil Constitutionnel, devenant Cour Constitutionnelle, pourra être saisi par les citoyens. Il sera complètement réformé : il passera de 9 à 15 membres dont 3 nommés par le Président de la République, 9 par l’Assemblée Nationale et 3 par le Sénat, à la majorité qualifiée dans les deux cas. Le Président sera élu par ses pairs. La procédure deviendra juridictionnelle, contradictoire, publique avec production des opinions dissidentes préalables à la décision.
3-3. Le droit de pétition sera reconnu à deux niveaux : pour prendre en compte l’initiative citoyenne de la loi ; un nombre déterminé de citoyens (1 million de 30 départements différents) pourra demander l’inscription à l’ordre du jour du parlement d’une question relevant de la compétence de celui-ci. Un même nombre pourra lancer la procédure d’un référendum d’initiative minoritaire selon laquelle un texte, s’il n’était pas adopté par le Parlement, pourrait être soumis à référendum.
3-4. Le régime de l’information sera constitutionnalisé pour satisfaire le principe selon lequel sans journalisme libre, il n'existe pas de démocratie vivante. Le droit de savoir est une liberté fondamentale. Le peuple doit pouvoir se faire son opinion par lui-même grâce à une information indépendante, honnête et pluraliste. L’indépendance exclut le conflit d’intérêts. L’honnêteté suppose la rigueur professionnelle. Le pluralisme réclame la protection publique. Ces principes et droits se déclineront sur les trois registres suivants :
Indépendance : Les médias ne doivent pas servir d’autres intérêts que celui de l’information. Mettre fin aux mélanges des genres, c’est assainir économiquement ce secteur, le rendre plus dynamique et plus vertueux. Les groupes médiatiques ayant des intérêts dans d’autres secteurs économiques, dépendants de la commande publique, devront donc choisir.
Honnêteté : Parce qu’elle est au cœur de la vie démocratique, l’information n’est pas une marchandise comme une autre. Les intérêts professionnels et moraux des journalistes doivent être protégés contre les logiques purement marchandes. Un conseil éthique du journalisme, lié à la profession et indépendant des pouvoirs, comme il en existe dans d’autres démocraties, sera ce bouclier.
Pluralisme : Sur fond de révolution industrielle, la crise de la presse quotidienne met à mal le pluralisme démocratique. Au nom de l’intérêt général, l’Etat doit intervenir pour protéger cette liberté constitutionnelle. La Caisse des dépôts et consignation accompagnera financièrement les entreprises de presse en difficulté, le temps d’une refondation du système d’impression et de distribution qui pénalise financièrement la presse.
3-5. Le statut et la place de la justice seront précisés dans le sens d’un service public respectueux autant du droit des victimes que de l’indépendance des magistrats. Le corps de ces derniers distinguera les magistrats du siège et ceux du parquet, les procureurs généraux rendant compte de l’application de la loi dans leur ressort devant les parlementaires. Le Conseil supérieur de la magistrature est réformé sur la base des règles énoncées plus haut : il n’est plus présidé par le Président de la république ; ses membres non-magistrats sont élus par le Parlement à la majorité des 3/5 ; les magistrats en nombre minoritaires sont élus par leurs pairs au scrutin de liste. Le Conseil voit ses compétences élargies pour devenir l’organe chargé de la carrière des magistrats, organisateur de leur responsabilité et protecteur de leur indépendance. Il pourra être saisi par tous les citoyens.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, à l’expression de notre haute et respectueuse considération.
François COLCOMBETAncien député, président de la C6R
Arnaud MONTEBOURGDéputé de Saône-et-Loireprésident d’honneur de la C6R
14:42 Publié dans La crise politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Montebourg, ps, sarkozy, balladur, socialiste, président
19.06.2007
Réaction à la composition du nouveau gouvernement
Le Fillon II est la continuation de Fillon I : débauchages individuels, effet de manche médiatique. Il faut y ajouter les premières entorses au principe de bonne administration promise par le candidat Sarkozy, la pléthore de secrétariats d'Etat somptuaires est à mille lieux du "gouvernement de mission resserré" qui nous avait été annoncé (a-t'on réellement besoin de quatre secrétaires d'Etat au Quay d'Orsay alors même que les affaires étrangères relèvent traditionnellement de l'Elysée?)
La règle imposée par le Premier Ministre, à savoir tout ministre défait doit se retirer (à l'instar d'Alain Juppé), est battue en brèche puisque sont nommés des parfaits inconnus du suffrage universel. Nous pouvons relever au moins un manque de cohérence.
En définitive, le gouvernement Fillon II ressemble au gouvernement Raffarin II...
ps : Malek Boutih vient de se féliciter de la nomination de son amie Fadela Amara. Disons que là aussi, certains, dont les convictions républicaines et de gauche ne sont pas discutables, manquent de cohérence...
18:20 Publié dans La crise politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : PS, UMP, Modem, élections, gouvernement, RSVP, Bayrou
30.03.2007
Colloque de la C6R sur les institutions
Colloque le samedi 31 mars 2007, de 15h à 18h à l’Institut d’études politiques de Paris
27, rue Saint-Guillaume, Paris 7e – métro : rue du Bac, Saint-Germain des Prés
Près de 30% des électeurs s’étaient abstenus le 21 avril 2002 pour le résultat que l’on sait. Ils étaient moins de 20% à l’avoir fait lors du premier tour de l’élection de 1988. Contre l’avis de la quasi-totalité de leurs représentants au Parlement, 55% des Français ayant voté lors du référendum du 29 mai 2005 ont rejeté l’approbation du projet de traité constitutionnel européen. Dans le même temps, des formations qui obtiennent 15% des voix ne sont pas représentées dans un Parlement où la sociologie des élus est en décalage profond avec celle du pays.
A l’évidence, la crise de la représentation politique est profonde. Lorsque les institutions d’une démocratie sont bloquées, le recours à la rue ou le vote contestataire deviennent les seuls moyens d’expression efficaces pour les citoyens. La République en a fait l’expérience ces dernières années.Les institutions de la 5e République sont en cause : Faut-il brûler la Constitution de 1958 ou chercher à l’améliorer ? Comment rendre les institutions mieux représentatives et plus participatives ? Faut-il choisir entre un régime présidentiel et un régime parlementaire ?
Quelles réponses proposent les candidats à l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai prochains à ces questions essentielles pour l’avenir de notre démocratie ?
Programme
15h00 : accueil des participants par François Colcombet, président de la C6R
15h10 : ouverture par Bastien François, professeur de science politique à l’Université Paris I, auteur de Misère de la 5e République (Points-Seuil, 2007) et, avec Arnaud Montebourg, de La Constitution de la 6e République (Odile Jacob, 2005)
15h30 – Table ronde
Quels projets de réforme des institutions pour répondre à la crise de la 5e République et aux attentes des Français ?
AVEC : Pierre Albertini, député-maire de Rouen, vice-président de l’UDF chargé du projet Jérôme Chartier, député (UMP) du Val d’Oise, fondateur de la Convention pour la 5e République (C5R) Alain Lipietz, député au Parlement européen (Les Verts) Arnaud Montebourg, député (PS) de Saône-et-Loire, porte-parole de Ségolène Royal ANIMEE PAR : Muriel Grémillet, journaliste à LibérationThomas Clay, professeur de droit à l’Université de Versaille
10:40 Publié dans La crise politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, 2007, ps, ump, udf, ségolène royal, francois bayrou
19.03.2007
Vers la VIè République...
Ségolène Royal a franchi le pas: hier, elle a annoncé le passage à la VIè République. Au delà du changement de numéro, ce saut institutionnel s'appuiera sur quatre pilliers
- une démocratie parlementaire revivifiée: les pouvoirs du parlement seront renforcés pour permettre une réelle délibération;
- une démocratie sociale rénovée: la rénovation du syndicalisme et du dialogue social permettra une meilleure représentation du monde du travail et de passer par une négocition plus efficace;
- une démocratie participative: la mise en place de nouvelles procédures de participation directe des citoyens au débat et à la prise de décision publique complètera la rénovation de notre système démocratique.
- une démocratie territoriale: une nouvelle phase de la décentralisation sera entreprise en simplifiant le maillage administratif et en recherchant l'organisation la plus cohérente et la plus efficace.
La limitation du cumul du mandat sera le corrolaire essentiel de ces réformes. L'enjeu principal de cet ensemble de réformes est bien de remettre en marche la machine démocratique, la machine à décider ensemble.
La dimension institutionnelle de la crise politique actuelle n'est heureusement plus sous-estimée.
Inspiré par le rapport de Jean-Pierre Bel et de Jean-Marc Ayrault sur les institutions et par l'activisme d'Arnaud Montebourg qui depuis des années approfondit l'analyse et la dénonciation de la crise institutionnelle avec la Convention pour la VIè République, le projet de réforme institutionnel de Ségolène Royal incarne un changement décisif. Cassus belli lors du Congrès du Mans en novembre 2005, la VIè République est désormais sur les lèvres des leaders socialistes: camarades conventionnels, réjoussions-nous!
Espérons également qu'une réflexion sur les pouvoirs du président, véritable clef de voute de la Vè République et source de ses dérives, sera également engagée. Pendant une campagne présidentielle, ce n'est pas gagné...
11:10 Publié dans La crise politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Arnaud Montebourg, François Bayrou, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, politique, ps, ump
24.10.2006
Ségolène: maoiste ou petite mère du peuple?
Que se passe-t-il donc avec Ségolène Royal pour qu'elle suscite des réactions pires que celles réservées habituellement à Jean-Marie Le Pen? "Maoiste" pour la droite et Max Gallo, antiparlementariste, en rupture avec "les traditions démocratiques de 1789", fasciste, etc. Le phénomène est stupéfiant: tout le monde applaudit lorsque l'on parle de démocratie participative et c'est la panique lorsque la candidate évoque le contrôle populaire. Tout le monde déplore une crise de la représentation et la nécessite de faire entrer le citoyen dans la décision publique, et lorsque l'on songe à faire quelque chose, c'est un scandale.
Personne ne songe vraiment à remettre en cause la légitimité de l'Assemblée nationale, expression du peuple souverain, représentation de la Nation toute entière (sauf les collectivité slocales qui expérimentent et le droit européen qui enserre...): lorsque l'UMP s'inquiète de la dérive antiparlementariste de Ségolène Royal, ses responsables font de la politique à la petite semaine, ils ne sont pas raisonnables.
Nul n'a prétendu substiutuer les assemblées de quartier au Parlement... Nul ne nie que certaines décisions recquierent de la distance par rapport au terrain pour être prise dans l'intérêt général. Nul ne conteste que le Parlement est un lieu de maturation de la norme... Mais nul ne conteste non plus que l'Assemblée ne représente plus la France vécue, un peu comme l'indice des prix qui ne reflète plus la hausse du coût de la vie: beaucoup de nos institutions doivent être rénovées. Le recours à la démocratie participative, aux compte-rendus de mandat (tels qu'ils existent à Paris depuis plusieurs années), aux budgets participatifs au niveau local peut aider. C'est un nouveau mode régulation politique adapté au niveau d'éducation, de connaissance et de maturité des Français aujourd'hui, n'en déplaise à certains. Ces procédures participatives ont gagné du terrain dans le monde entier (du XXè arrondissement à Paris jusqu'à Porto-Allegre) et elles devront trouver un formalisation institutionnelle en France. La tirage au sort est d'ailleurs un très vieux système de représentation qui n'est pas aussi absurde que le pense la droite: n'est-il pas sain que chaque citoyen se dise qu'il doit se tenir au courant des grandes directions que prennent le pays et la société précisément parce qu'il pourrait un jour, quel que soit son appartenance sociale, ethnique ou religieuse, participer à la décision? Cela s'appelle la responsabilisation, la citoyenneté: en un mot, la République. Les gardiens du temps s'étouffent sans doute mais leur temple est en ruine.
Ce recours aux processus participatifs n'exonère pas de réfléchir aux causes propres de la crise de la représentation (sociales, économiques, contrôle des lieux de pouvoirs politiques par une oligarchie) mais il n'en reste pas moins que les réactions d'une rare violence aux propositions de Ségolène Royal sont ridicules: loin d'enrichir le débat, nécessaire, sur nos institutions, elles le caricaturent: allons Max, allons Valérie... ne vous en déplaisent, Ségolène Royal n'est ni Mao ni Staline.
12:25 Publié dans La crise politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ps, politique, segolene-royal, 2007
12.05.2006
Les murs de Nanterre...

18:00 Publié dans La crise politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.03.2006
Crise Politique Extraordinaire

Crise Politique Extraordinaire
On recourt parfois abusivement à la notion de crise politique, mais les évènements actuels méritent ce qualificatif. La situation est explosive.
L’attitude du gouvernement aussi sourd qu’autoritaire qui tente de faire passer en force une loi désavouée par l’opinion contribue à ruiner l’autorité de l’Etat. Le pays est dans l’ornière avec ses 4.2 millions de demandeurs d’emploi et 3.7 millions de nos concitoyens vivant en dessous du seuil de pauvreté. Il faut probablement lui administrer un remède de cheval mais la cure de précarité que veut imposer Galouzeau de Villepin est aussi injuste que contre-productive, son seul effet est de briser le moral de la jeunesse et des Français en général. Le marasme a certes émergé dès le règne de François Mitterrand dont nous payons aujourd’hui les « oublis », mais Jacques Chirac restera dans l’Histoire comme le président dont l’action – ou plutôt l’inaction – est la cause directe du déclin du pays. Douze ans pendant lesquels l’égalité des chances et la cohésion sociale ont régressé pour ne plus être que des vains mots. La solidarité nationale et intergénérationnelle est en diminution constante. Les plus aisés rechignent à payer leur juste part et jouent de puissants relais médiatiques pour clamer que l’Etat social est un boulet qui empêche le pays de s’adapter à la mondialisation (forcément « heureuse »). Dans le même temps, les générations qui ont profité des Trente Glorieuses refusent les évolutions nécessaires et font peser sur la jeunesse la charge de leur incurie. Les jeunes qui pour la première fois depuis la guerre auront une couverture sociale et un système de retraite moins avantageux que ceux dont leurs parents ont bénéficié. Face à un contexte économique morose, le gouvernement feint de prendre conscience qu’il existe un problème d’emplois des jeunes (il était temps 10 ans après le coup de la « fracture sociale » !). Pour le résoudre rien de mieux qu’inventer un nouveau contrat de travail ! Non seulement le CPE est une mesure dirigiste et conservatrice mais contrairement à l’objectif affiché par la droite, elle n’allègera pas le Code du Travail puisqu’elle ajoute un nouveau dispositif extrêmement complexe qui ne manquera pas d’engorger les conseils des prud’hommes puisqu’il heurte des principes essentiels du droit social international, à commencer par l’obligation de motiver tout licenciement. Pire que cela, le CPE est une atteinte au principe de dignité puisque l’individu n’est plus appréhendé que sous l’angle d’un facteur de production désincarné, variable d’ajustement dans la compétition économique dont on pourra se défaire quand la conjoncture est mauvaise. Ce qui est curieux c’est qu’il existe déjà des outils juridiques tels que les CDD ou l’intérim pour assurer aux entreprises la flexibilité dont elles ont besoin,
Galouzeau semble les avoir oubliés… En ciblant la jeunesse, Villepin a commis une faute politique et morale. Jamais en effet la jeunesse de ce pays n’a été aussi bien formée malgré des disparités évidentes, pourquoi devrait-elle accepter des sous-emplois ou des stages à répétition ? Villepin n’est pas seul responsable, la culture d’entreprise en France n’accepte pas que les jeunes salariés puissent se former par la pratique, ils doivent être opérationnels immédiatement. Mais un pays qui ne fait pas confiance à sa jeunesse court le risque de sortir de l’Histoire. Ne nous étonnons pas que le nombre de candidats au départ soit en hausse, d’autres pays profiteront des compétences et de l’enthousiasme de jeunes formés en France. Quant à la jeunesse des cités sans formation, l’abandon dont elle est victime entraînera de nouvelles émeutes violentes. L’ampleur du problème conduit à penser que le CPE ne peut être la solution. A la vérité il n’était qu’une manoeuvre du Premier Ministre pour asseoir sa candidature, il s’agissait de prouver que lui, « le gaulliste », pouvait être un libéral aussi moderne que son rival Sarkozy. Adoptée à la hussarde en piétinant le Parlement et les syndicats, la loi sur l’égalité des chances devait être la preuve que Galouzeau était un homme d’Etat au sens de la Vème République : bonapartiste sans faille qui sait garder ces veaux de Français ! Mais pendant que De Villepin et Sarkozy instrumentalisent l’appareil d’Etat pour régler leurs différends, l’intérêt général tombe aux oubliettes. Les Français ne peuvent plus l’accepter. Le CPE n’est en définitive que l’étincelle qui a allumé la mèche. Qu’on ne se méprenne pas sur les évènements actuels, le pays est véritablement au bord de la guerre civile.

Le poison de la division atteint la société dans sa totalité : fonctionnaires contre salariés, jeunes contre « vieux », riches contre pauvres, communautés contre communautés… Notre démocratie est à genoux, minée par un gouvernement de fait qui n’a plus aucune légitimité et qui n’en a jamais vraiment eu. La colère sourde dans les campus et dans les quartiers, la violence devient un argument politique manifestant une haine de l’autorité dont est responsable l’obsolescence de la classe politique qui nous dirige depuis plus de 20 ans.
Plus que jamais des vraies réformes s’imposent. Le retour de la croissance ne peut seul nous ramener à une situation de plein emploi. Avec un taux de chômage officiel de 10% (plus près de 15% en réalité), il nous faudrait une croissance à deux chiffres. Des réformes de structures sont donc nécessaires pour refonder notre modèle social. Cela passera très certainement par la combinaison de politiques multiples, aucune solution miracle n’ayant été découverte à ce jour : partage du travail par le biais d’une RTT remaniée, sécurisation des parcours professionnels, investissement massif dans les secteurs de l’éducation, de la formation, de la recherche et de l’innovation… Tout cela en assurant un plan de désendettement afin que l’effort de redressement national ne repose pas sur les générations futures. Cette tâche nécessite un temps long, facteur nécessaire à toute réforme, et par conséquent un effort de pédagogie vis à vis des citoyens et de recherche du consensus que ne permettent plus nos institutions. La réforme institutionnelle demeure donc un préalable. « La crise, c’est quand l’ancien meurt mais que le nouveau n’est pas encore arrivé » avait coutume de dire Gramsci. La Vème République est train de mourir dans la rue, vivement la 6ème !
Michel Loussouarn
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Le CPE plonge le régime dans la crise
Paris, le 31 mars 2006
COMMUNIQUE DE PRESSE
La presse du matin affirme ce vendredi 31 mars que, suite à la décision du Conseil constitutionnel validant le fameux « contrat première embauche » (CPE), le président de la République va annoncer la promulgation immédiate de la loi sur l’égalité des chances.
Sourd aux appels de toutes les confédérations syndicales de salariés et des organisations étudiantes et lycéennes, de l’ensemble des partis politiques de gauche ainsi que de l’UDF, d’une partie du patronat et de l’UMP, le pouvoir a décidé d’entrer dans une épreuve de force avec une large majorité de l’opinion du pays.
Certes, la démocratie ne peut être le règne du nombre et de la rue.
Mais si la loi sur l’égalité des chances sera bien une loi de la République dès qu’elle sera promulguée, le processus qui aura conduit à son adoption aura été, lui, bien peu républicain.
En effet, il ne suffit pas de proclamer, comme le fait le Premier ministre, que la France a un besoin urgent de réformes. Encore faut-il savoir faire partager à la fois la nécessité et le contenu de la réforme.
Or, dans la course permanente pour la présidence de la République qui est engagée au sommet de l’Etat depuis plusieurs mois, légiférer devient un exercice au service d’intérêts personnels, instrumentalisant des institutions qui permettent la dérive autoritaire.
Le mépris pour la démocratie parlementaire et le dédain pour la démocratie sociale ne sont pas, de la part de Villepin, que le symptôme d’un fort penchant bonapartiste mais, surtout, une nouvelle preuve que les institutions de la 5e République ne contribuent pas à modérer les passions humaines mais à les nourrir.
Le risque qui guettait le régime depuis longtemps se réalise donc aujourd’hui : l’opposition au pouvoir ne pouvant se manifester dans les procédures organisées de la délibération démocratique éclate dans des mouvements spontanés et violents, qui rappelle les émeutes urbaines de l’automne 2005.
Après le 21 avril 2002, après le 29 mai 2005, le 31 mars 2006 devrait être une nouvelle réplique de grande ampleur du séisme qui agite un régime en crise.
Toutes celles et tous ceux qui, à l’instar des militants de la C6R, appellent de leur vœu une modernisation profonde de nos institutions politiques ne peuvent que rejoindre les appels à manifester pacifiquement des syndicats, afin de faire prendre conscience au président de la République qu’il serait temps qu’il quitte enfin ses habits de chef de clan pour revêtir ceux de chef de l’Etat.
CONTACT : Julien Collette (sg@c6r.org)
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23.03.2006
Comic strip

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