26.06.2007

Le Cabinet fantôme de JMA : une bonne idée

ad511b4c61cb9bc7f520dcc7089588e3.jpgle Cercle RSVP l'avait proposé, JMA l'a fait. Devenir une opposition crédible appellait à la création d'un shadow cabinet, chargé d'expertiser l'action gouvernementale et d'y opposer des solutions crédibles le cas échéant.

Ainsi JMA va nommer 15 vice-présidents du groupe parlementaire dont chacun assurera le suivi d'un département ministériel.

Alors que la droite victorieuse s'attaque à la réalisation d'un programme hautement explosif, les Socialistes semblaient mal démarrer la législature. Finalement, loin de ce que pouvait laisser croire le dernier CN, les élections au sein du groupe ont su montrer la maturité de la Gauche à défaut d'une solide unité...

 

22.06.2007

Ministère de l'identité nationale: non!

Parce que la création d'une Ministère de l'Identité nationale est en contradiction totale avec la conception républicaine de la Nation et qu'elle porte atteinte à une certaine conception de la République qui était jusqu'à présent partagée par tous, parce qu'une alerte citoyenne doit être donnée, signez la pétition ici! Ci-dessous le texte de la pétition:

 

"NON AU MINISTERE DE L’IMMIGRATION ET DE L’IDENTITE NATIONALE

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans l'histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même.
En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère.
Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir « une politique de la mémoire » dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense.
Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française."

 

Premiers signataires:

Dominique A, auteur/chanteur ; Tony ALBINA enseignant ; Robert ALDRICH, professor of European History (Univ. de Sydney) ; Claire ANDRIEU, historienne (IEP de Paris) ; Philippe ARTIERES, historien (CNRS) ; Ariane ASCARIDE, comédienne ; Serge AUDIER, philosophe (Univ. de Paris 4) ; Leonor BALDAQUE, comédienne ; Jacques BANGOU, médecin ; Marc-Olivier BARUCH, historien (CNRS) ; Christian BAUDELOT, sociologue (ENS de Paris) ; Laurent BAZIN, anthropologue (CNRS) ; Stéphane BEAUD, sociologue (Univ. de Nantes) ; Antonio BECHELLONI, historien (Univ. de Lille 3) ; Françoise BENHAMOU, économiste (Univ. de Rouen) ; Alban BENSA, anthropologue (EHESS) ; Edward BERENSON, historien (directeur de l'Institute of French Studies de New York) ; Madeleine BLAMEBLE, professeur d'allemand ; Marie-Claude BLANC-CHALEARD, historienne (Univ. de Paris 1) ; Christian BOLTANSKI , artiste ; Luc BOLTANSKI, sociologue (EHESS) ; François BON, écrivain ; Jean-Luc BONNIOL, anthropologue (Univ. d'Aix-Marseille 3) ; Pierre BOUVIER, socio-anthropologue (Univ. de Paris 10) ; Raphaëlle BRANCHE, historienne (Univ. de Paris 1) ; Alain BRESSON, historien (Univ. de Bordeaux 3) ; Geneviève BRISAC, écrivain ; Anne-Sophie BRUNO, enseignante-chercheuse (Univ. de Paris 10) ; Dominique CABRERA, cinéaste ; Michel CAHEN, chercheur (CNRS) ; Véronique CHAMPEIL-DESPLATS, professeur de droit (Univ. de Paris 10) ; Jean-François CHANET, historien (Univ. de Lille 3) ; Herrick CHAPMAN, historien (New York University) ; Christophe CHARLE, historien (Univ. de Paris 1) ; Roger CHARTIER, historien (Collège de France) ; Michel CHAUMONT, responsable des relations publiques (théâtre des Amandiers, Paris) ; Patrick CHEMLA, psychiatre ; François CHEREQUE, secrétaire général de la CFDT ; Denis CLERC, économiste ; Olivier COHEN, éditeur ; Huguette et Pierre CORDELIER, enseignants ; Paola CORTI, historienne (Univ. de Turin) ; Mariannick DAGOIS, musicienne ; David DAHOMAY, enseignant ; Jacky DAHOMAY, philosophe ; Oliviers DEJOURS, chef d'orchestre ; Edouard DELEPINE, historien ; Martine DERRIER, directrice d'un bureau de théâtre ; Agnès DESARTHE, écrivain ; Mamadou DIOUF, historien (Univ. du Michigan) ; Richard DRAYTON, historien (Univ. de Cambridge) ; Michel DREYFUS, historien (CNRS) ; Geneviève DREYFUS-ARMAND, historienne ; Stéphane DUFOIX, sociologue (Univ. de Paris 10) ; Florence DUPONT, professeur de littérature ancienne (Univ. de Paris 7) ; Guillaume DUVAL, journaliste ; Alain EHRENBERG, sociologue (CNRS) ; ELDIABLO, auteur ; Driss EL YAZAMI, directeur de l'association Génériques ; Christine ERHEL, économiste (Univ. de Paris 1) ; Jean FABBRI, secrétaire général du SNESup ; Joëlle FARCHY, professeur des sciences de l'information  (Univ. de Paris 1) ; Arlette FARGE, historienne (CNRS) ; Didier FASSIN, professeur (Univ. de Paris 13) ; Eric FASSIN, sociologue (ENS de Paris) ; FEFE/SAÏAN SUPA CREW, auteur/chanteur ; Georges FELOUZIS, sociologue (Univ. de Bordeaux 2) ; Richard FIGUIER, directeur de publications (Ecole française de Rome) ; Didier FRANCFORT, historien (Univ. de Nancy 2) ; Etienne FRANCOIS, historien (Freie Universität Berlin) ; Emilio FRANZINA, historien (Univ. de Verone) ; Patrick FRIDENSON, directeur d´études (EHESS) ; Raphaël FRYDMAN, réalisateur ; Jean-Philippe GENET, historien (Univ. de Paris 1) ; François GEZE, éditeur ; Ralph GIESEY, historien (Univ. de l'Iowa) ; Marie-Pierre GRACEDIEU, éditrice ; Nancy GREEN, historienne (EHESS) ; Claude GRUNITZKY, directeur de magazine (New-York) ; Robert GUEDIGUIAN, cinéaste ; Michelle GUILLON, géographe ; André GUNTHERT, chercheur (EHESS) ; Simonne GUYON, enseignante retraitée ; Jean-Louis HALPERIN, professeur de droit (ENS de Paris) ; Patrick HASSENTEUFEL, professeur de science politique (Univ. de Versailles-Saint Quentin) ; Jean-Paul HEBERT, économiste (EHESS) ; Marie-Antoinette HILY, sociologue (CNRS) ; Hubert JABOT, avocat ; Paul JANKOWSKI, historien (Brandeis University) ; JAVA, auteur/chanteur ; Eric JENNINGS, historien (Univ. de Toronto) ; Marina JULIENNE, journaliste ; Hartmut KAELBLE, historien (Université Humboldt, Berlin) ; Michel KAPLAN, historien (Univ. de Paris 1) ; Jürgen KOCKA, historien (Freie Universität, Berlin) ; Sandrine KOTT, historienne (Univ. de Genève) ; Jean-Louis LABARRIERE, philosophe (Maison Française d'Oxford) ; Mehdi LALLAOUI, cinéaste ; Benoît LAMBERT, metteur en scène ; Marie LAVIN, inspectrice d'académie honoraire ; Herman LEBOVICS, historien (State University of New York) ; Safia LEBDI, chef de projets ; Arnaud LECHEVALIER, économiste (Univ. de Paris 1) ; Jacques LE GOFF, professeur honoraire (Collège de France) ; Jocelyn LETOURNEAU, historien (Univ. Laval, Québec) ; Claire LEVY-VROELANT, professeure de sociologie (Univ. de Paris 8) ; Natacha LILLO, historienne (Univ. de Paris 7) ; Antoine LILTI, historien (ENS de Paris) ; Patricia LORCIN, historienne (Univ. du Minnesota) ; Liêm-Khê LUGUERN, professeur d'histoire-géographie ; Alf LUDTKE, historien (Univ. d'Erfurt) ; LUKE, groupe de rock ; Aïssa MAÏGA, actrice ; Alain MANQUAT, chef d'entreprise ; Thierry MAREMBERT, avocat ; Elsa MARTAYAN, urbaniste ; Roger MARTELLI, professeur d'histoire ; Antoine MATH, chercheur (IRES) ; Claude MAZAURIC, historien ; Fabrice MELQUIOT, écrivain ; Dominique MEURS, économiste  (Univ. de Paris 2) ; Nobutaka MIURA, professeur d'études françaises (Univ. Chûô, Tokyo) ; Ariane MNOUCHKINE, metteur en scène ; Claudia MOATTI, historienne (Univ. de Paris 8) ; Jean-Claude MONOD, philosophe (CNRS) ; Gérard MOREAU ; Bernard MULLER, anthropologue (CNRS) ; Odile NAVE, professeur d'histoire-géographie ; David NIRENBERG, historien (Univ. de Chicago) ; Francine NOEL, professeur d'histoire ; Gérard NOIRIEL, historien (EHESS) ; Philip NORD, historien (Univ. de Princeton) ; Nicolas OFFENSTADT, historien (Univ. de Paris 1) ; Les OGRES DE BARBACK, groupe de rock-tziganes ; Ariane PAILHE, chercheuse (INED) ; Thierry PECH, éditeur ; Claude PENNETIER, chercheur (CNRS) ; Michelle PERROT, historienne ; Marc PIAULT, anthropologue ; Janine PONTY, historienne ; Judith RAINHORN, historienne (U. de Valenciennes) ; Andrea REA, sociologue (Université Libre de Bruxelles) ; Frédéric REGENT, historien (Univ. Antilles-Guyane) ; RIDAN, auteur/chanteur ; Jacques RIGAUDIAT, fonctionnaire ; ROCCA, rappeur/auteur ; Jean-Louis ROCCA, sociologue (Univ. Tsinghua, Pékin) ; Régis ROINSARD, réalisateur ; Diane ROMAN, professeure de droit public (Univ. de Tours) ; Henry ROUSSO, historien (CNRS) ; La RUMEUR, rappeur/ auteur ; Peter SAHLINS, historien (Social Sciences Research Council, New York) ; Patrick SAVIDAN, philosophe (Univ. de Paris 4) ; Jair de SOUZA RAMOS, professeur (Univ. Federal Fluminense, Rio de Janeiro); Todd SHEPARD, historien (Univ. de Philadelphie); Cindy SKACH, politiste (Univ. de Harvard); Patrick SIMON, démographe (INED); Nathalie SIMONNOT, administratrice ONG internationale ; Yves SINTOMER, sociologue (Univ. de Paris 8) ; Serge SLAMA, enseignant-chercheur en droit public (Univ. de Paris 10) ; Martine SONNET, historienne (CNRS) ; Dominique STOENESCO, professeur de portugais ; Martine STORTI, écrivaine ; Alain TARRIUS, sociologue (Univ. de Toulouse) ; Manuel TAVARES, pédopsychiatre ; Emile TEMIME, historien ; Sylvie THENAUT, historienne (CNRS) ; Olivier THEVENON, démographe (INED) ; Bernard THIBAULT, secrétaire général de la CGT ; Yann TIERSEN, chanteur/auteur ; Igor URRESOLA, consultant ; Béatrice de VARINE, professeur d'histoire ; Hugues de VARINE, consultant ; Pierre VESPERINI, éditeur ; Vincent VIET, historien ; Michel VOLOVITCH, biologiste (ENS de Paris) ; Pierre VOLOVITCH, économiste ; Marie-Christine VOLOVITCH-TAVARES, historienne ; Loïc WACQUANT, sociologue (Univ. de Berkeley) ; Sophie WAHNICH, historienne (CNRS) ; Patrick WEIL, historien (CNRS) ; Stephen WHITE, historien (Emory University) ; Catherine WIHTOL de WENDEN, politiste (CNRS) ; Sylvie ZAIDMAN, attachée de conservation du patrimoine (Bobigny) ; Claire ZALC, historienne (CNRS) ; Michelle ZANCARINI-FOURNEL, historienne (Univ. de Lyon-IUFM).

18.06.2007

Une digue rose

0f6c01a4530fd50d6514d01f22328881.gifCe n'est pas la chambre bleu horizon, pas plus le raz de marée de 1968, ce n'est pas du tout 1993... c'est une Assemblée nationale qui comporte plus de 200 députés socialistes. Il n'y aura donc pas d'état de grâce pour Nicolas Sarkozy: la TVA sociale est passée par là.

Il est somme toute rassurant de constater que les Français se sont opposés à la supercherie qui consiste à faire financer par la consommation du plus grand nombre des avantages fiscaux très importants réservés à quelques uns, surtout quand ces quelques uns sont les plus riches, les détenteurs de la plus grande part du patrimoine. Surtout également quand il est probable que ces mesures (défiscalisation de heures supplémentaires, suppression quasi totale de l'impôt sur les successions, bouclier fiscal, déduction des intérêts d'emprunt) ne contribueront pas à la croissance.

Nouvelle assemblée, oui. Nouveau PS? Le grand chantier reste la rénovation sur parti socialiste sur des thèmes nouveaux- la lutte contre les rentes, les nouveaux privilèges, la révolution fiscale en faveur du travail, et la mise en place d'une politique culturelle républicaine. Autant de domaine qui seront des champs de bataille permanents avec la droite de Nicolas Sarkozy et dans lesquels RSVP prendra sa part.

24.04.2007

Sentiments divers

Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, nous sommes pris de sentiments contradictoires.

La joie, d'abord, devant nos écrans dimanche à 20 heures, de voir Ségolène Royal qualifiée pour un second tour pour un duel avec Nicolas Sarkozy. Il nous a toujours semblé que c'était ce débat qui devait avoir lieu au second tour, non pas seulement le débat entre le parti socialiste et l'ump, mais entre deux visions de la société qui sont le mieux incarnées par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

La joie encore, de voir le taux de participation monter jusqu'à 85%. Qui aurait pu espérer ce niveau? La repolitisation du pays était palpable depuis le début de la campagne: au supermarché, chez des amis, sur le lieu de travail, dans les trabsports en commun, à la terrasse des cafés, tout le monde en parlait et surtout, tout le monde avait un avis. Ceux qui prédisaient le déclin de la République, prise en otage par ses élites et condamnée à voir sa démocratie lentement rouiller se voient contredits par les faits: quel que soit le résultat de l'élection présidentielle le 6 mai, les Français auront repris le pouvoir.

Satisfaction ensuite, de voir que la demande de renouveau et de rénovation est réelle dans le pays. Notre futur chef d'Etat aura moins de 60 ans et de nouvelles générations vont apparaître. Le renouveau du pays passe par là.

Incertitude enfin et celle-ci est double. Incertitude sur la recomposition politique qui est à l'oeuvre. Nous avons critiqué François Bayrou comme un cheval de Troie de la droite traditionnelle: ce n'est pas aujourd'hui que nous allons dire que François Bayrou est un homme de gauche... Nous pensons que les différences sont réelles et la question qui se pose avec François Bayrou reste une question de confiance sur les proposition plus "à gauche" qu'il a formulées. 

Simplement, maintenant que l'heure du choix est là, que faut-il penser? Il est indiscutable qu'il existe des convergences entre les projets de l'UDF et celui du PS: petites retraites, Etat impartial, VIè République, importance du soutien à accorder aux TPE-PME- coeur de la croissance-, critique de la concentration du pouvoir médiatique, nécessité de relancer le chantier européen d'une façon ou d'une autre, mais surtout en associant les Français par voie de réferendum. Convergence de sensibilité sur la protection des libertés publiques. Il y a peut-être un pari pascalien à faire.

Ces convergences ne veulent pas dire que le PS et l'UDF doivent s'allier. Les centristes restent centristes et les socialistes restent socialistes. Dans ces thèmes de convergence, il faut déplorer l'absence de la question sociale, centrale pour tout socialiste: la question des nouvelles protections, du pouvoir d'achat et de la valeur du travail. Ces thèmes restent au coeur de la campagne de Ségolène Royal.

Incertitude enfin sur l'issue du scrutin: ces convergences de constat et de volonté politique de deux blocs, centriste et socialiste, suffiront-elles à vaincre l'homme qui a réuni sur son nom 11 millions d'électeurs? L'enjeu est tout de même le changement dans une certaine harmonie sociale, le changement pour plus de justice.

Au final, après la joie et la satisfaction, l'incertitude se mue en inquiétude.

16.04.2007

Choisir des valeurs

La dernière semaine de campagne avant le premier tour a commencé. Quel est le contexte?

Nicolas Sarkozy indique que les voix d'extrême droit l'intéressent. Il aurait difficilement pu le cacher. Un campagne ne permets néanmoins pas de tout dire sous prétexte qu'il y a des voix à aller "pêcher". Tous ceux qui croient à l'école, à la construction de la liberté, au parcours de chacun dans une société libre et respectueuse de la dignité humaine se souviendront des propos de N Sarkozy sur les pédophiles et les suicidaires...

François Bayrou reste dans la pantomime du candidat anti-système... La déception risque d'être lourde pour ses électeurs. Il a reçu le soutien de Michel Rocard qui n'a, c'est triste, jamais digéré ses échecs au PS, parti que, au final, il déteste. La candidature de François Bayrou est la candidature qui permettrait d'éviter le débat entre valeurs de gauche et valeurs de droite, débat dont la France a besoin: le candidat de l'UDF est le candidat de l'autruche. Ses pseudos appels gaulliens cachent mal cette volonté de remettre le débat à plus tard, cette volonté de ne pas trancher.

Reste Ségolène Royal, candidate socialiste qui défend un certain nombre de valeurs que chacun a entendues.

Un peu lassés par un campagne souvent dévoyée, nous nous contentons de souligner que l'enjeu est simple désormais: quelles valeurs inspireront les grandes réformes qui doivent être mises en oeuvre? Celles de la gauche ou celles de la droite? Il y a un choix à faire.

21.03.2007

La 6è République et l'instabilité crainte par N Sarkozy...

Nicolas Sarkozy a déclaré que la VIè République serait le retour à la IVè, le retour du régime des partis et de l'instabilité chronique:

- le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne, Israël, l'Autriche (etc.) ont des institutions parlementaires, proches des instutions que la C6R et désormais Ségolène Royal appellent de leurs voeux: ces pays sont-ils victimes d'une instabilité politique particulière?

- la défaite aux élections régionales, européennes, au referendum, la mobilisation autour du CPE: aucun de ces événements politiques, faisant suite aux 82% de Jacques Chirac qui lui donnaient un mandat particulier de rassemblement républicain, aucun de ces événements n'a été suivi d'une mise en cause de la responsabilité de l'exécutif. Cette stabilité aura eu un coût: l'indifférence face à l'expression démocratique des Français;

- l'élection présidentielle rythme la vie politique sous la Vè République et, depuis le quinquennat et l'alignement des mandats de députés et de Président de la République, il n'y a plus de temps pour la réflexion ou pour le véritable débat: la Vè c'est non seulement le règne des partis mais plus encore des écuries. La Vè République, non pas celle de du général De Gaulle mais telles qu'elle est issue des dérives post-pompidoliennes, est devenu un régime infantilisant.

La Vè est devenue plus anti-démocratique que jamais: la crise des institutions mine notre délibération collective. Il est plus que temps de passer à la VIè.

10.03.2007

Très brève de campagne...

Lu sur le site de Libé, la réaction assez émouvante d'un lecteur à l'article Du côté de Chirac, on ne voit toujours rien venir:

"SVP Mr CHirac

SVP Mr Chirac, finissez votre règne en beauté, n'apportez pas votre soutien à Sarko. Au moins je regretterai moins d'avoir voté pour vous en 2002".

signé dédé. 10 mars, 17h25.

C'est assez émouvant.

02.03.2007

Thomas Piketty soutient Ségolène Royal

L'économiste Thomas Piketty, auteur de travaux sur la fortune, le patrimoine, les hauts revenus et les inégalités (Les hauts revenus en France au XXe siècle, 2001, L'économie des inégalités, La Découverte, 2004), a rendu public son soutien à Ségolène Royal. 
Ses articles en ligne:
Du bon usage de la concurrence scolaire, Libération (25 septembre 2006)
En finir avec l'impôt sur les successions ?, Libération (28 août 2006),
Impôt affecté, terrain miné, Libération (26 juin 2006)
Le PS planche sur le fiscal, Libération (29 mai 2006)
Réfléchir à un nouveau CDI, Libération (27 mars 2006)
Successions, la liberté en taxant, Libération (27 février 2006)
Faut-il taxer la valeur ajoutée?, Libération (30 janvier 2006)
ZEP: la discrimination positive à la française, Libération (05 décembre 2005)
Un congrès du PS qui élude les questions qui fâchent, Libération (07 novembre 2005)
Blocages allemands, Libération (10 octobre 2005)
Réforme de l'impôt: chiche, Libération (12 septembre 2005)
Sortir du piège blairiste, Libération (27 juin 2005)
Des Portos aux Polaks, Libération (29 mai 2005)
Bolkestein, pas Frankenstein, Libération (02 mai 2005)
Vers une fiscalité internationale ?, Libération (04 avril 2005)
Le prix d'un enfant, Libération (07 mars 2005)
Quotas, la mauvaise pioche, Libération (07 février 2005)
Un mauvais choix pour la recherche, Libération (10 janvier 2005)

27.02.2007

En réponse à Spartacus: la tribune d'Hannibal publiée dans Libération

 

Sous le nom de Spartacus, des hauts fonctionnaires socialistes appelaient la semaine dernière à voter Bayrou. Des confrères leur répondent.
Spartacus ou Brutus ?
QUOTIDIEN : mardi 27 février 2007
Par Hannibal, groupe de jeunes hauts fonctionnaires socialistes.
Spartacus a quitté la maison socialiste. Dont acte. Puisque l'heure est aux pseudonymes cocasses, nous choisirons Hannibal pour nous exprimer, parce que nous savons que c'est aussi avec des éléphants qu'on peut gagner une campagne...
Spartacus, pourquoi avez-vous rejoint François Bayrou ? Avec le rêve d'une grande coalition de tous les hommes de bonne volonté pour constituer le gouvernement «des meilleurs» ? A nos yeux, ce rêve est un mirage qui repose sur l'idée qu'il n'y a pas de conflits dans la société française, sur le constat qu'il n'y a plus le choix entre une politique de gauche et une politique de droite, sur l'idée qu'il faut faire le choix du «juste milieu» et du bon sens. Ce raisonnement, nous ne le partageons pas. Ceux qui souffrent, mal payés ou sans travail, n'ont pas les mêmes intérêts que ceux qui s'enrichissent des rentes de la France d'aujourd'hui. Ceux qui détiennent du patrimoine n'ont pas les mêmes intérêts que ceux qui n'en détiennent pas. C'est la droite et la gauche.
François Bayrou serait celui qui pourrait venir à bout de la dette ? La première responsabilité de la gauche, c'est la vérité. Or vos arguments sont fallacieux ; ils amalgament notamment la dette et le besoin de financement des retraites et n'évoquent pas les enjeux de la Sécurité sociale, cruciaux pour les Français. Surtout, la droite, si longtemps soutenue par M. Bayrou, a dépensé sans compter et réduit les impôts des plus favorisés pour dégrader encore l'état de nos finances publiques sans résultat probant sur la croissance. Alors la dette... Au même moment, les Français ont entendu, pour la première fois depuis longtemps, une dirigeante socialiste parler haut et fort de la réalité de cette contrainte.
Bayrou serait le candidat des petites entreprises et des artisans ? Comment croire celui qui propose de créer deux emplois exonérés par entreprise, sans faire la différence entre Total et une PME ? Là où les quelques propositions du candidat centriste sont floues, Ségolène Royal propose un pacte : une baisse des coûts bancaires, une refonte du système fiscal et une priorité à l'investissement des entreprises.
François Bayrou serait le candidat des plus démunis ? Vous prenez pour pseudonyme le nom d'un esclave opprimé et révolté pour soutenir un homme qui fut ministre il y a bientôt quinze ans d'un des gouvernements les plus droitiers de France. Etrange posture pour des Français de gauche que de mettre un esclave au service des puissants.
François Bayrou serait l'homme qui va sauver l'école ? Camarades, nous pensons aussi que l'éducation est un enjeu prioritaire. Nous croyons à l'égalité des chances et à l'école républicaine. C'est pourquoi nous ne comprenons pas pourquoi vous soutenez celui qui a voulu réviser la loi Falloux et donner plus d'argent public aux établissements privés alors que nos écoles en manquent tant !
François Bayrou serait l'homme de l'ouverture ? Non. La Ve République est rythmée par l'élection présidentielle et bipolarise la vie politique. Aujourd'hui, le centre a le vent en poupe ? Institutionnellement, votre orientation est hasardeuse. La majorité que vous espérez sera toujours une coalition de circonstance, sans conviction d'ensemble, sans unité et sans force. Cette majorité, si elle existait, serait vouée à soutenir un gouvernement d'hésitation et de faiblesse.
Plus vraisemblablement, que va-t-il se passer ? Le centre existe-t-il ? Oui, il existe, et il finit toujours à droite. Ces rebelles élus UDF que vous rejoignez aujourd'hui finiront comme toujours auxiliaires de l'Etat RPR rebaptisé UMP. Enfin camarades, vous critiquez le candidat Sarkozy, mais votre position le sert. Car c'est lui qui in fine retirera les dividendes du carnaval centriste.
Le plus paradoxal est que vous quittiez la maison socialiste à l'heure de sa rénovation. Le Parti socialiste fait sa mue. Nous soutenons sans réserve Ségolène Royal parce que sa capacité à rétablir un lien direct avec les Français est une chance inespérée pour le Parti socialiste : débats participatifs, discussions sur les niveaux de revenus, petites retraites, petites entreprises... même la dette ! Notre candidate a de nouveau ancré le Parti socialiste à sa place naturelle : au coeur des attentes quotidiennes. La société française est en miettes. Le 21 avril 2002 a été le symptôme extrême d'une longue maladie qui exigeait un sursaut et une rénovation de la gauche. Ce sursaut, cette rénovation, Ségolène Royal les incarne.
En vous voyant Spartacus, nous nous souvenons de cette phrase de Léon Blum, lancée aux camarades tentés par le communisme au Congrès de Tours en 1920 : «Nous sommes convaincus, jusqu'au fond de nous-mêmes, que, pendant que vous irez courir l'aventure, il faut que quelqu'un reste garder la vieille maison.» Cette vieille maison, à l'heure de sa rénovation, vous reste ouverte Spartacus.
Revenez nous aider à rendre la France plus forte et plus juste.


http://www.liberation.fr/rebonds/237540.FR.php
© Libération

25.02.2007

Quand Laurent Fabius accueille Ségolène Royal...

medium_clip_image001.jpgPlus de 8000 militants et sympathisants, dont 2000 n’ont pu accéder à la salle, ont assisté au meeting qu’a tenu Ségolène Royal au Zénith de Rouen ce samedi 24 février à l’invitation de Laurent Fabius. Alors que Laurent Fabius vient d’intégrer aux côtés notamment de Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë et Martine Aubry l’« équipe du pacte présidentiel » constituée par la candidate pour la conseiller, ce meeting a été pour celui-ci l’occasion de réaffirmer fortement que toute la famille socialiste est plus que jamais rassemblée autour de Ségolène Royal pour battre la droite et conduire une politique alternative à celle menée par l’UMP depuis 2002. Laurent Fabius a rappelé que, depuis 2002, l’UDF n’a presque jamais manqué à l’appel quand il s’est agi de soutenir les gouvernements Raffarin et Villepin au Parlement, comme depuis 2004 l’UDF n’a jamais eu de cesse de s’opposer avec l’UMP à nos camarades présidents de région.

Laurent Fabius a ainsi dénoncé avec la virulence qui s’impose le « confusionnisme » qu’essaie d’entretenir aujourd’hui François Bayrou dans la campagne présidentielle. L’ancien Premier ministre de François Mitterrand, qui a salué la mémoire de ce dernier et son amour de l’humanité, de l’égalité et de la liberté, a insisté sur l’importance pour la gauche de se réunir autour de la candidature socialiste afin d’offrir aux Français une alternative à Nicolas Sarkozy, qu’il a dépeint en « monsieur Supercherie ».

Devant une assistance enthousiaste, Ségolène Royal a prononcé un discours offensif contre la droite, dénonçant notamment la politique communautariste de Nicolas Sarkozy mettant en cause la laïcité républicaine. Appelant tous les socialistes à se mobiliser pour « s’emparer » du pacte présidentiel, Ségolène Royal a présenté sa candidature comme celle du « pouvoir d’achat garanti ». Ségolène Royal a aussi livré une vision ambitieuse de sa présidence pour la construction européenne en proposant notamment que, gouvernée par la gauche, la France soit à l’initiative d’une véritable politique industrielle au niveau communautaire et d’une réelle stratégie commerciale permettant de protéger le marché intérieur contre l’importation de biens à bas prix du fait de l’absence de normes sociales et environnementales dans les pays les fabriquant.

Certaine que le futur chef de l’Etat ne pourra « relever la France  » qu’en misant sur sa jeunesse, en lui redonnant confiance, notamment par la mise en place d’une allocation d’autonomie pour tous, notre candidate a convaincu de sa détermination à mener la gauche à la victoire.

Et c’est bien là ce qui importe aujourd’hui ! Ne boudons donc pas notre satisfaction de voir aujourd’hui notre candidate associer toutes les sensibilités du parti à sa campagne.

De ce point de vue, le meeting du 24 février a été une réussite.

                                                       Julien Collette

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