19.12.2006

Pourquoi réformer la Banque Centrale Européenne ?

medium_top_277435.jpg"Ce n'est plus à M. Trichet de décider de l'avenir de nos économies, c'est aux dirigeants démocratiquement élus" a déclaré notre candidate, reprenant à son compte les critiques couramment émises à l’encontre de la Banque Centrale Européennne. « L’indépendance » de la BCE est en effet un héritage germanique mal adapté à l’économie moderne.
 
Il faut rappeller que les statuts de la Bundesbank datant de 1945 lui conféraient une indépendance totale car Hitler s’était servi de la planche à billet pour financer ses politiques, notons également que la lutte contre l’inflation est un objectif constitutionnel outre-Rhin où le souvenir cuisant de l’hyper-inflation des années 20 avait accéléré la crise et par ricochet la montée du nazisme. La BCE est calquée sur le modèle de la Bundesbank.
 
De plus le mode de fonctionnement de la BCE souffre d’une absence de contrôle démocratique, le Conseil de la politique monétaire est composé de 18 membres dont 12 gouverneurs des Banques Centrales nationales. Ce sont donc les banquiers centraux qui tiennent les commandes. Au sein de la réserve Fédérale américaine, le pouvoir politique est en mesure d’exercer son contrôle, et les décisions de la Fed sont publiées au bout de 15 jours. Au sein de la BCE, cela est impensable. A tel point que lorsqu’il arrive à certains eurodéputés français d’interpeller M. Trichet en commission des affaires économiques et monétaires, celui-ci leur répond en anglais pour marquer son indifférence à leurs critiques …
 
medium_h_9_ill_658107_00487357.jpgRéformer le fonctionnement de la BCE reviendrait à deux choses. La première permettre enfin un contrôle de ses actions par une instance politique (qui associerait par exemple des membres du parlement européen et les ministres de l’Eurogroupe). La seconde serait de rééquilibrer ses missions. En effet, les politiques monétaires, outre le taux de change, ont pour objectifs le traitement de l’inflation et/ou le soutien de la croissance économique. Ainsi la Réserve Fédérale américaine a pour mission privilégiée la croissance, la jugulation de l’inflation venant en second. La lutte contre l’inflation est la raison d’être de la BCE, objectif certes louable mais insuffisant. Il faudrait donc inscrire dans les Traités européens l’obligation pour la BCE de favoriser également le soutien de la croissance et la recherche du plein emploi.

31.10.2006

Non, la Constitution européenne n'est pas morte !

medium_images.3.jpgDepuis le double non français et néerlandais, on voudrait nous faire croire que la Constitution Européenne serait abandonnée. Il n'en est rien,
lisez ces brèves sur le portail Toute l'Europe.fr et vous comprendrez
que l'élite bienpensante réfléchit aux meilleurs moyens de violer le
suffrage universel :

- "Deux ans après sa signature, la Constitution fait à nouveau débat".

 
En parallèle, l'examen des propositions européennes des trois candidats socialistes est intéressant à bien des égards.

DSK défend une europe utopique qui n'existe qu'en rêve, Fabius a voté non mais il propose un mini-traité, comme Nicolas Sarkozy. Ségolène fait le chemin inverse, elle défend l'idée d'une Europe des projets, car seules des réalisations concrètes sont capables de fédérer les énergies par delà les frontières dans le sens de l'intérêt commun.

Une constitution européenne n'a en effet aucune utilité tant qu'on n'aura pas répondu à ces deux questions : quelles frontières pour l'Europe (où devra s'arrêter l'élargissement, quid de sa capacité d'absorption) ? Quel projet politique pour l'Union européenne (degré d'intégration, zone de libre-échange ou espace politique) ?

Sans réponses claires, tout projet constitutionnel n'est que poudre aux yeux, et un traité institutionnel en forme de réglement intérieur serait amplement suffisant.