26.06.2007

Le Cabinet fantôme de JMA : une bonne idée

ad511b4c61cb9bc7f520dcc7089588e3.jpgle Cercle RSVP l'avait proposé, JMA l'a fait. Devenir une opposition crédible appellait à la création d'un shadow cabinet, chargé d'expertiser l'action gouvernementale et d'y opposer des solutions crédibles le cas échéant.

Ainsi JMA va nommer 15 vice-présidents du groupe parlementaire dont chacun assurera le suivi d'un département ministériel.

Alors que la droite victorieuse s'attaque à la réalisation d'un programme hautement explosif, les Socialistes semblaient mal démarrer la législature. Finalement, loin de ce que pouvait laisser croire le dernier CN, les élections au sein du groupe ont su montrer la maturité de la Gauche à défaut d'une solide unité...

 

22.06.2007

Ministère de l'identité nationale: non!

Parce que la création d'une Ministère de l'Identité nationale est en contradiction totale avec la conception républicaine de la Nation et qu'elle porte atteinte à une certaine conception de la République qui était jusqu'à présent partagée par tous, parce qu'une alerte citoyenne doit être donnée, signez la pétition ici! Ci-dessous le texte de la pétition:

 

"NON AU MINISTERE DE L’IMMIGRATION ET DE L’IDENTITE NATIONALE

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans l'histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même.
En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère.
Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir « une politique de la mémoire » dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense.
Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française."

 

Premiers signataires:

Dominique A, auteur/chanteur ; Tony ALBINA enseignant ; Robert ALDRICH, professor of European History (Univ. de Sydney) ; Claire ANDRIEU, historienne (IEP de Paris) ; Philippe ARTIERES, historien (CNRS) ; Ariane ASCARIDE, comédienne ; Serge AUDIER, philosophe (Univ. de Paris 4) ; Leonor BALDAQUE, comédienne ; Jacques BANGOU, médecin ; Marc-Olivier BARUCH, historien (CNRS) ; Christian BAUDELOT, sociologue (ENS de Paris) ; Laurent BAZIN, anthropologue (CNRS) ; Stéphane BEAUD, sociologue (Univ. de Nantes) ; Antonio BECHELLONI, historien (Univ. de Lille 3) ; Françoise BENHAMOU, économiste (Univ. de Rouen) ; Alban BENSA, anthropologue (EHESS) ; Edward BERENSON, historien (directeur de l'Institute of French Studies de New York) ; Madeleine BLAMEBLE, professeur d'allemand ; Marie-Claude BLANC-CHALEARD, historienne (Univ. de Paris 1) ; Christian BOLTANSKI , artiste ; Luc BOLTANSKI, sociologue (EHESS) ; François BON, écrivain ; Jean-Luc BONNIOL, anthropologue (Univ. d'Aix-Marseille 3) ; Pierre BOUVIER, socio-anthropologue (Univ. de Paris 10) ; Raphaëlle BRANCHE, historienne (Univ. de Paris 1) ; Alain BRESSON, historien (Univ. de Bordeaux 3) ; Geneviève BRISAC, écrivain ; Anne-Sophie BRUNO, enseignante-chercheuse (Univ. de Paris 10) ; Dominique CABRERA, cinéaste ; Michel CAHEN, chercheur (CNRS) ; Véronique CHAMPEIL-DESPLATS, professeur de droit (Univ. de Paris 10) ; Jean-François CHANET, historien (Univ. de Lille 3) ; Herrick CHAPMAN, historien (New York University) ; Christophe CHARLE, historien (Univ. de Paris 1) ; Roger CHARTIER, historien (Collège de France) ; Michel CHAUMONT, responsable des relations publiques (théâtre des Amandiers, Paris) ; Patrick CHEMLA, psychiatre ; François CHEREQUE, secrétaire général de la CFDT ; Denis CLERC, économiste ; Olivier COHEN, éditeur ; Huguette et Pierre CORDELIER, enseignants ; Paola CORTI, historienne (Univ. de Turin) ; Mariannick DAGOIS, musicienne ; David DAHOMAY, enseignant ; Jacky DAHOMAY, philosophe ; Oliviers DEJOURS, chef d'orchestre ; Edouard DELEPINE, historien ; Martine DERRIER, directrice d'un bureau de théâtre ; Agnès DESARTHE, écrivain ; Mamadou DIOUF, historien (Univ. du Michigan) ; Richard DRAYTON, historien (Univ. de Cambridge) ; Michel DREYFUS, historien (CNRS) ; Geneviève DREYFUS-ARMAND, historienne ; Stéphane DUFOIX, sociologue (Univ. de Paris 10) ; Florence DUPONT, professeur de littérature ancienne (Univ. de Paris 7) ; Guillaume DUVAL, journaliste ; Alain EHRENBERG, sociologue (CNRS) ; ELDIABLO, auteur ; Driss EL YAZAMI, directeur de l'association Génériques ; Christine ERHEL, économiste (Univ. de Paris 1) ; Jean FABBRI, secrétaire général du SNESup ; Joëlle FARCHY, professeur des sciences de l'information  (Univ. de Paris 1) ; Arlette FARGE, historienne (CNRS) ; Didier FASSIN, professeur (Univ. de Paris 13) ; Eric FASSIN, sociologue (ENS de Paris) ; FEFE/SAÏAN SUPA CREW, auteur/chanteur ; Georges FELOUZIS, sociologue (Univ. de Bordeaux 2) ; Richard FIGUIER, directeur de publications (Ecole française de Rome) ; Didier FRANCFORT, historien (Univ. de Nancy 2) ; Etienne FRANCOIS, historien (Freie Universität Berlin) ; Emilio FRANZINA, historien (Univ. de Verone) ; Patrick FRIDENSON, directeur d´études (EHESS) ; Raphaël FRYDMAN, réalisateur ; Jean-Philippe GENET, historien (Univ. de Paris 1) ; François GEZE, éditeur ; Ralph GIESEY, historien (Univ. de l'Iowa) ; Marie-Pierre GRACEDIEU, éditrice ; Nancy GREEN, historienne (EHESS) ; Claude GRUNITZKY, directeur de magazine (New-York) ; Robert GUEDIGUIAN, cinéaste ; Michelle GUILLON, géographe ; André GUNTHERT, chercheur (EHESS) ; Simonne GUYON, enseignante retraitée ; Jean-Louis HALPERIN, professeur de droit (ENS de Paris) ; Patrick HASSENTEUFEL, professeur de science politique (Univ. de Versailles-Saint Quentin) ; Jean-Paul HEBERT, économiste (EHESS) ; Marie-Antoinette HILY, sociologue (CNRS) ; Hubert JABOT, avocat ; Paul JANKOWSKI, historien (Brandeis University) ; JAVA, auteur/chanteur ; Eric JENNINGS, historien (Univ. de Toronto) ; Marina JULIENNE, journaliste ; Hartmut KAELBLE, historien (Université Humboldt, Berlin) ; Michel KAPLAN, historien (Univ. de Paris 1) ; Jürgen KOCKA, historien (Freie Universität, Berlin) ; Sandrine KOTT, historienne (Univ. de Genève) ; Jean-Louis LABARRIERE, philosophe (Maison Française d'Oxford) ; Mehdi LALLAOUI, cinéaste ; Benoît LAMBERT, metteur en scène ; Marie LAVIN, inspectrice d'académie honoraire ; Herman LEBOVICS, historien (State University of New York) ; Safia LEBDI, chef de projets ; Arnaud LECHEVALIER, économiste (Univ. de Paris 1) ; Jacques LE GOFF, professeur honoraire (Collège de France) ; Jocelyn LETOURNEAU, historien (Univ. Laval, Québec) ; Claire LEVY-VROELANT, professeure de sociologie (Univ. de Paris 8) ; Natacha LILLO, historienne (Univ. de Paris 7) ; Antoine LILTI, historien (ENS de Paris) ; Patricia LORCIN, historienne (Univ. du Minnesota) ; Liêm-Khê LUGUERN, professeur d'histoire-géographie ; Alf LUDTKE, historien (Univ. d'Erfurt) ; LUKE, groupe de rock ; Aïssa MAÏGA, actrice ; Alain MANQUAT, chef d'entreprise ; Thierry MAREMBERT, avocat ; Elsa MARTAYAN, urbaniste ; Roger MARTELLI, professeur d'histoire ; Antoine MATH, chercheur (IRES) ; Claude MAZAURIC, historien ; Fabrice MELQUIOT, écrivain ; Dominique MEURS, économiste  (Univ. de Paris 2) ; Nobutaka MIURA, professeur d'études françaises (Univ. Chûô, Tokyo) ; Ariane MNOUCHKINE, metteur en scène ; Claudia MOATTI, historienne (Univ. de Paris 8) ; Jean-Claude MONOD, philosophe (CNRS) ; Gérard MOREAU ; Bernard MULLER, anthropologue (CNRS) ; Odile NAVE, professeur d'histoire-géographie ; David NIRENBERG, historien (Univ. de Chicago) ; Francine NOEL, professeur d'histoire ; Gérard NOIRIEL, historien (EHESS) ; Philip NORD, historien (Univ. de Princeton) ; Nicolas OFFENSTADT, historien (Univ. de Paris 1) ; Les OGRES DE BARBACK, groupe de rock-tziganes ; Ariane PAILHE, chercheuse (INED) ; Thierry PECH, éditeur ; Claude PENNETIER, chercheur (CNRS) ; Michelle PERROT, historienne ; Marc PIAULT, anthropologue ; Janine PONTY, historienne ; Judith RAINHORN, historienne (U. de Valenciennes) ; Andrea REA, sociologue (Université Libre de Bruxelles) ; Frédéric REGENT, historien (Univ. Antilles-Guyane) ; RIDAN, auteur/chanteur ; Jacques RIGAUDIAT, fonctionnaire ; ROCCA, rappeur/auteur ; Jean-Louis ROCCA, sociologue (Univ. Tsinghua, Pékin) ; Régis ROINSARD, réalisateur ; Diane ROMAN, professeure de droit public (Univ. de Tours) ; Henry ROUSSO, historien (CNRS) ; La RUMEUR, rappeur/ auteur ; Peter SAHLINS, historien (Social Sciences Research Council, New York) ; Patrick SAVIDAN, philosophe (Univ. de Paris 4) ; Jair de SOUZA RAMOS, professeur (Univ. Federal Fluminense, Rio de Janeiro); Todd SHEPARD, historien (Univ. de Philadelphie); Cindy SKACH, politiste (Univ. de Harvard); Patrick SIMON, démographe (INED); Nathalie SIMONNOT, administratrice ONG internationale ; Yves SINTOMER, sociologue (Univ. de Paris 8) ; Serge SLAMA, enseignant-chercheur en droit public (Univ. de Paris 10) ; Martine SONNET, historienne (CNRS) ; Dominique STOENESCO, professeur de portugais ; Martine STORTI, écrivaine ; Alain TARRIUS, sociologue (Univ. de Toulouse) ; Manuel TAVARES, pédopsychiatre ; Emile TEMIME, historien ; Sylvie THENAUT, historienne (CNRS) ; Olivier THEVENON, démographe (INED) ; Bernard THIBAULT, secrétaire général de la CGT ; Yann TIERSEN, chanteur/auteur ; Igor URRESOLA, consultant ; Béatrice de VARINE, professeur d'histoire ; Hugues de VARINE, consultant ; Pierre VESPERINI, éditeur ; Vincent VIET, historien ; Michel VOLOVITCH, biologiste (ENS de Paris) ; Pierre VOLOVITCH, économiste ; Marie-Christine VOLOVITCH-TAVARES, historienne ; Loïc WACQUANT, sociologue (Univ. de Berkeley) ; Sophie WAHNICH, historienne (CNRS) ; Patrick WEIL, historien (CNRS) ; Stephen WHITE, historien (Emory University) ; Catherine WIHTOL de WENDEN, politiste (CNRS) ; Sylvie ZAIDMAN, attachée de conservation du patrimoine (Bobigny) ; Claire ZALC, historienne (CNRS) ; Michelle ZANCARINI-FOURNEL, historienne (Univ. de Lyon-IUFM).

19.06.2007

Réaction à la composition du nouveau gouvernement

Le Fillon II est la continuation de Fillon I : débauchages individuels, effet de manche médiatique. Il faut y ajouter les premières entorses au principe de bonne administration promise par le candidat Sarkozy, la pléthore de secrétariats d'Etat somptuaires est à mille lieux du "gouvernement de mission resserré" qui nous avait été annoncé (a-t'on réellement besoin de quatre secrétaires d'Etat au Quay d'Orsay alors même que les affaires étrangères relèvent traditionnellement de l'Elysée?)

La règle imposée par le Premier Ministre, à savoir tout ministre défait doit se retirer (à l'instar d'Alain Juppé), est battue en brèche puisque sont nommés des parfaits inconnus du suffrage universel. Nous pouvons relever au moins un manque de cohérence.

En définitive, le gouvernement Fillon II ressemble au gouvernement Raffarin II...

ps : Malek Boutih vient de se féliciter de la nomination de son amie Fadela Amara. Disons que là aussi, certains, dont les convictions républicaines et de gauche ne sont pas discutables, manquent de cohérence...

18.06.2007

Une digue rose

0f6c01a4530fd50d6514d01f22328881.gifCe n'est pas la chambre bleu horizon, pas plus le raz de marée de 1968, ce n'est pas du tout 1993... c'est une Assemblée nationale qui comporte plus de 200 députés socialistes. Il n'y aura donc pas d'état de grâce pour Nicolas Sarkozy: la TVA sociale est passée par là.

Il est somme toute rassurant de constater que les Français se sont opposés à la supercherie qui consiste à faire financer par la consommation du plus grand nombre des avantages fiscaux très importants réservés à quelques uns, surtout quand ces quelques uns sont les plus riches, les détenteurs de la plus grande part du patrimoine. Surtout également quand il est probable que ces mesures (défiscalisation de heures supplémentaires, suppression quasi totale de l'impôt sur les successions, bouclier fiscal, déduction des intérêts d'emprunt) ne contribueront pas à la croissance.

Nouvelle assemblée, oui. Nouveau PS? Le grand chantier reste la rénovation sur parti socialiste sur des thèmes nouveaux- la lutte contre les rentes, les nouveaux privilèges, la révolution fiscale en faveur du travail, et la mise en place d'une politique culturelle républicaine. Autant de domaine qui seront des champs de bataille permanents avec la droite de Nicolas Sarkozy et dans lesquels RSVP prendra sa part.

17.06.2007

Les baisses de charges, l'emploi et la fiscalisation de la protection sociale

Inefficaces, les baisses de charges ?

Depuis quinze ans, gouvernements de droite et de gauche ont consenti des allègements de cotisations sociales sur certaines catégories de salariés. Ces baisses ont pu aller jusqu’à 1,8 smic, c’est-à-dire pas très loin du salaire médian (autour de 1500 euros), et coûter plus de 20 Mds €.

L’emploi d’une grande partie des salariés français se fait donc avec une exonération de charges.

Quel fût l’impact de ces baisses sur l’emploi ?

Il est discultable pour certains (impossible de renvoyer au rapport de la Cour des Comptes dont Les Echos s’étaient fait l’écho dans leur édition du 24 août 2006, un ancien article ici: http://hussonet.free.fr/regar.pdf). Mais que semble dire la Cour des Comptes ? Que les allègements de charges ont été massifs, coûteux, et qu’ils ont sans doute donné lieu à des effets d’aubaine pour des entreprises qui n’en avaient pas besoin pour embaucher. Certes, mais jamais le principe de la baisse du coût du travail sur le segment des bas revenus n’a été remis en cause sur le fond.

La plupart des études économétriques concluent au contraire que les baisses de charges auraient permis de créer ou de sauvegarder entre 400 et 600 000 emplois depuis 1994 L'étude de Crépon et Desplatz a été très critiquée mais, comme le soulignait Thomas Picketty dans Libération lors de la polémique en 2002, elle reste le seul travail d'évaluation construit sur un sujet hautement inflamable politiquement. Un salarié qui a obtenu un emploi grâce à une baisse de charge participe à la création d’une richesse financière, économique et sociale, plus grande au total que le coût de l’allègement pour l’Etat.

La gauche accepte-t-elle de dire sans complexe que le problème du chômage est d’abord un problème du coût du travail des bas salaires ? Que les allègements de charge ne sont pas des « cadeaux faits aux patrons » ? Mais plutôt un cadeau fait à de nombreux chômeurs qui peuvent retrouver ainsi un emploi, une stabilité, une insertion sociale ?

Restent les limites des dispositifs actuels d’aide aux entreprises :

-        trop nombreux (plus de 30 ou 40 mesures),

-        aucun contrôle financier des aides aux entreprises en tous genre : pas de contrepartie aux aides, aux allègements et donc des cas scandaleux d’entreprises qui quittent la France après avoir profité de ses dispositifs et sans avoir rendu à la Nation ce pour quoi elle l’avait aidée,

-        peu de réflexions par branches ou par type d’entreprises : tous les secteurs ne sont pas confrontés aux mêmes tensions sur le marché du travail (le bâtiment ou la boucherie sont des activités non délocalisables et où les offres d’emploi sont plus nombreuses que les candidats : pourquoi y alléger le coût du travail ?)

Alors que doit penser un militant de gauche honnête ? Un républicain sincère ?

Dans l’ensemble, les dispositifs d’aides sont devenus illisibles en plus d’être d’une efficacité variable. La preuve : le niveau de chômage reste élevé. Soit. Mais la gauche ne doit pas être devenue bête au point de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Le grand tabou : la fiscalisation du financement de la protection sociale

La question des baisses de charges pour la gauche ne peut être durablement déconnectée d’une réflexion sur le financement de la protection sociale et de son éventuelle fiscalisation. Les allègements de charges ont mécaniquement augmenté la part du budget de la Sécurité sociale pris en charge par l’Etat, et donc par l’impôt. Ajoutons l’importance de la CSG et de la CRDS qui financent également la Sécu et la part du travail dans le financement de l’ensemble apparaît de plus en plus réduit.

Parenthèse : la CSG fut peut-être la plus grande invention fiscale de la gauche dans les 20 dernière années : pesant à la fois sur les revenus du travail et du capital, sont rendement est élevé et son assiette large. L’outil est si bon- et très juste- qu’il a été repris par les gouvernements de droite pour faire face aux dépenses. Des outils justes et efficaces- parce qu’il pèsent également sur le patrimoine- sont disponibles pour faire face au financement de la sécurité sociale : pourquoi ne pas plus les utiliser et accepter la fiscalisation du financement de la protection sociale ?

L’orthodoxie de gauche se pose la question suivante : une telle transforation porterait un coup fatal à la gestion paritaire de la Sécurité sociale, est-ce souhaitable ou acceptable? Au delà, le sujet nous engagerait à questionner les liens entre un Parti socialiste en crise et des syndicats également en crise. Militants rénovateurs, lorsque l’on regarde de près la représentativité des centrales syndicales qui jouissent de la représentativité irréfragable, comment ne pas s’interroger sur leur légitimité ?

En bref, au stade actuel de la réflexion, voici où nous en sommes : pourquoi ne pas d’une part baisser massivement les charges dans certaines branches qui en ont le plus besoin, pour créer de l’emploi, et d’autre part fiscaliser le financement de la protection sociale en faisant mieux contribuer les revenus du patrimoine ? Ce ne serait pas de gauche ?

Sur ce sujet comme tant d’autres, la rénovation de la gauche passe par un réexamen de nos positions traditionnelles et un retour à nos véritables objectifs politiques : lutter contre les injustices, les rentes, gouverner pour que la prospérité profite au plus grand nombre et pas seulement à ceux qui sont déjà à l’abri de tout besoin.

12.06.2007

La mort de Mitterrand II et la rénovation de la gauche

Toute la blogosphère ne bruisse que de ça. Le Monde s'en est fait l'écho ici. Le BBB s'émeut du grand débat, des échanges à distance entre Guy Birenbaum sur son blog et ceux qui voulaient que le blog Mitterrand 2007 (par ailleurs exceptionnel) vive.

Alors Bruno Roger-Petit or not BRP? Montebourg a-t-il passé la campagne à souffler des anecdotes, oui ou non? Et Rénover Maintenant, il y était à Fouras BRP?

Au lendemain de la défaite de la candidate socialiste et alors que se dessinait la vague bleue qui nous fait boire la tasse en ce moment, c'est une actualité importante, n'est-ce pas, de savoir qui était derrière cette chronique anonyme. Elle était drôle, la chronique, mais que quelques opinions makers à gauche ne songent qu'à débattre de ces mystères là plutôt que des pistes de refondation, c'est triste.

Personne ne donne l'image de sérieusement s'inquiéter de voir ce parti partir à vau l'eau et toute la gauche avec. Où est le forum qui verra de nouvelles idées émerger? Où dirons-nous que les députés rescaptés du mai 81 de la droite, ce seront essentiellement de députés qui en sont à leur 3è ou 4è mandat? Que les jeunes candidats ont été balayés? Que fondamentalement, quand vous en parlez au copains, quand vous interrogez des gens dans la rue, ils vous le disent: je ne sais pas quelles valeurs défend le PS; les socialistes, pourquoi leur faire confiance? A part Royal, quel courage, quelle audace, quelle lucidité? 

Qui dira que les risques sont grands, aujourd'hui, pour les socialistes de tomber dans un trou politique comme ce fut le cas entre 65 et 71?

Nous avons besoin de forces, de lignes claires. Nous devons maintenant reprendre goût à l'avenir.

 

 

 

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