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24.04.2007

Sentiments divers

Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, nous sommes pris de sentiments contradictoires.

La joie, d'abord, devant nos écrans dimanche à 20 heures, de voir Ségolène Royal qualifiée pour un second tour pour un duel avec Nicolas Sarkozy. Il nous a toujours semblé que c'était ce débat qui devait avoir lieu au second tour, non pas seulement le débat entre le parti socialiste et l'ump, mais entre deux visions de la société qui sont le mieux incarnées par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

La joie encore, de voir le taux de participation monter jusqu'à 85%. Qui aurait pu espérer ce niveau? La repolitisation du pays était palpable depuis le début de la campagne: au supermarché, chez des amis, sur le lieu de travail, dans les trabsports en commun, à la terrasse des cafés, tout le monde en parlait et surtout, tout le monde avait un avis. Ceux qui prédisaient le déclin de la République, prise en otage par ses élites et condamnée à voir sa démocratie lentement rouiller se voient contredits par les faits: quel que soit le résultat de l'élection présidentielle le 6 mai, les Français auront repris le pouvoir.

Satisfaction ensuite, de voir que la demande de renouveau et de rénovation est réelle dans le pays. Notre futur chef d'Etat aura moins de 60 ans et de nouvelles générations vont apparaître. Le renouveau du pays passe par là.

Incertitude enfin et celle-ci est double. Incertitude sur la recomposition politique qui est à l'oeuvre. Nous avons critiqué François Bayrou comme un cheval de Troie de la droite traditionnelle: ce n'est pas aujourd'hui que nous allons dire que François Bayrou est un homme de gauche... Nous pensons que les différences sont réelles et la question qui se pose avec François Bayrou reste une question de confiance sur les proposition plus "à gauche" qu'il a formulées. 

Simplement, maintenant que l'heure du choix est là, que faut-il penser? Il est indiscutable qu'il existe des convergences entre les projets de l'UDF et celui du PS: petites retraites, Etat impartial, VIè République, importance du soutien à accorder aux TPE-PME- coeur de la croissance-, critique de la concentration du pouvoir médiatique, nécessité de relancer le chantier européen d'une façon ou d'une autre, mais surtout en associant les Français par voie de réferendum. Convergence de sensibilité sur la protection des libertés publiques. Il y a peut-être un pari pascalien à faire.

Ces convergences ne veulent pas dire que le PS et l'UDF doivent s'allier. Les centristes restent centristes et les socialistes restent socialistes. Dans ces thèmes de convergence, il faut déplorer l'absence de la question sociale, centrale pour tout socialiste: la question des nouvelles protections, du pouvoir d'achat et de la valeur du travail. Ces thèmes restent au coeur de la campagne de Ségolène Royal.

Incertitude enfin sur l'issue du scrutin: ces convergences de constat et de volonté politique de deux blocs, centriste et socialiste, suffiront-elles à vaincre l'homme qui a réuni sur son nom 11 millions d'électeurs? L'enjeu est tout de même le changement dans une certaine harmonie sociale, le changement pour plus de justice.

Au final, après la joie et la satisfaction, l'incertitude se mue en inquiétude.

16.04.2007

Choisir des valeurs

La dernière semaine de campagne avant le premier tour a commencé. Quel est le contexte?

Nicolas Sarkozy indique que les voix d'extrême droit l'intéressent. Il aurait difficilement pu le cacher. Un campagne ne permets néanmoins pas de tout dire sous prétexte qu'il y a des voix à aller "pêcher". Tous ceux qui croient à l'école, à la construction de la liberté, au parcours de chacun dans une société libre et respectueuse de la dignité humaine se souviendront des propos de N Sarkozy sur les pédophiles et les suicidaires...

François Bayrou reste dans la pantomime du candidat anti-système... La déception risque d'être lourde pour ses électeurs. Il a reçu le soutien de Michel Rocard qui n'a, c'est triste, jamais digéré ses échecs au PS, parti que, au final, il déteste. La candidature de François Bayrou est la candidature qui permettrait d'éviter le débat entre valeurs de gauche et valeurs de droite, débat dont la France a besoin: le candidat de l'UDF est le candidat de l'autruche. Ses pseudos appels gaulliens cachent mal cette volonté de remettre le débat à plus tard, cette volonté de ne pas trancher.

Reste Ségolène Royal, candidate socialiste qui défend un certain nombre de valeurs que chacun a entendues.

Un peu lassés par un campagne souvent dévoyée, nous nous contentons de souligner que l'enjeu est simple désormais: quelles valeurs inspireront les grandes réformes qui doivent être mises en oeuvre? Celles de la gauche ou celles de la droite? Il y a un choix à faire.